LE REPOUSSÉ AU MARTEAU

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                       Outils pour le repoussé au marteau

Nous avons donné l'énumération des principaux outils et nous avons indiqué pour chacun d'eux l'usage qu'on peut en faire. Mais il est évident que plus un repousseur se sent maître de ses moyens, plus il cherche la difficulté dans l'exécution : de nouveaux outils qu'il fabrique lui-même, et à sa main lui sont alors nécessaires. C'est à l'ouvrier adroit à compléter son outillage suivant ses besoins. Certains marteaux, par exemple, peuvent avoir de 15 à 18 centimètres de longueur, afin de permettre à l'ouvrier d'emboutir les culots et d'atteindre les profondeurs qu'il rencontre dans certains ouvrages.

Une des qualités du marteau est d'être légèrement cintré, de façon que les coups soient portés bien d'aplomb; il faut aussi l'évider pour le rendre léger, tout en ayant soin, cependant, de lui conserver toute sa solidité. Il est assez difficile de bien ajuster la boule et la panne d'un marteau, car dans le cas d'un ajustement mal fait, la panne peut laisser des traces sur la tôle. La trempe des marteaux se fait au rouge sec, sans recuit; les différents aciers demandent, il est vrai, à être traités de façons diverses.
Pour emboutir sous le marteau, on fait usage d'un, tas en plomb ou bien de formes en bois ou en fer.
Pour obtenir la reproduction d'un ornement par le repoussé au marteau d'après un plâtre, on procède par simple jugé; la découpe, c'est-à-dire le développement en surface plane de l'ornement, ne peut être faite et établie exactement par un ouvrier, que si celui-ci a déjà une longue pratique de ces genres de travaux. Le premier développement que l'on obtient n'est pas souvent très satisfaisant et ce n'est quelquefois qu'après plusieurs tâtonnements que l'on arrive à la forme voulue et définitive.
Si, au contraire, le modèle proposé est un dessin, on peut procéder méthodiquement comme nous allons l'indiquer. Supposons que la feuille à reproduire soit celle indiquée par le dessin qui occupe le côté gauche de notre figure. On sépare chaque refend par des traits horizontaux tirés à la hauteur de chaque départ des côtes. On obtient, par exemple, les deux lignes horizontales A et B; une troisième ligne parallèle aux deux premières que nous appellerons l'axe, divise l'espace qui sépare les deux premières en deux surfaces égales. Sur le côté droit de notre figure, les deux lignes verticales encadrent la surface du fer que la feuille doit recouvrir. Il est bien entendu que, dans la pratique, toutes les opérations que nous allons indiquer sont faites sur la tôle avec laquelle doit être fait l'ornement.
 Les lignes verticales dont nous parlons plus haut coupent les trois premières lignes horizontales en trois points, qui déterminent l'espace dans lequel on devra dessiner la première partie de la feuille que nous avons couverte de hachures. Pour faire ce dessin, on prend un calque de la partie de la feuille qui se trouve à gauche entre les deux lignes horizontales primitivement menées et on le reporte en le retournant sur la tôle aux points correspondants. On procède de même pour chaque refend. La feuille étant symétrique par rapport à l'arête verticale, il suffit de reporter à droite de cette arête le calque de la partie obtenue à gauche. La surface de la partie qui doit être cintrée, de façon à lui faire prendre la courbe indiquée, est calculée en tenant compte du déplacement que le marteau donne à la découpe pour ramener les refends à leurs places respectives. On relève ensuite sur le papier un dessin de la découpe que l'on obtient en procédant comme nous venons de l'indiquer. Le résultat est presque toujours satisfaisant et permet d'arriver dans la pratique aux meilleurs résultats.
Le travail du marteau se fait alors pour obtenir en premier lieu la forme et le galbe représentés par le dessin. La feuille, jusqu'au troisième refend, est cintrée sur elle même pour obtenir la première courbe indiquée. Ce cintre s'obtient en frappant avec un marteau à boule ronde la feuille de tôle posée sur un tas en plomb légèrement concave. Mais avant de cintrer la feuille, il faut avoir soin d'emboutir chacune des petites parties du refend qui recouvre le corps de la feuille; celle-ci étant cintrée, cette dernière opération est, en effet, rendue plus difficile et plus délicate.
Pour continuer le travail en relevant les côtes, la tranche (outil numéro 16 de notre planche) est prise dans l'étau; puis après avoir disposé la tôle sur cet outil, on frappe à faux sur cette dernière de façon à faire remonter le métal et obtenir la saillie que l'on veut donner à la feuille.

Pour profiler une côte bien droit et sans jarrets, il faut que l'ouvrier ait la main bien exercée. La feuille doit être dirigée sur la tranche de façon que le marteau ne la coupe pas. Lorsque les nervures et les côtes sont terminées, on emboutit les parties qui prennent des formes au moyen d'outils préparés à cet usage. Ces différentes opérations une fois terminées, on plane la feuille suivant le modelé que l'on veut obtenir. C'est à cette dernière épreuve que l'ouvrier qui n'a pas les connaissances suffisantes du dessin, du modelé et de la composition, voit tous ses efforts condamnés à l'impuissance. Si, au contraire, le repousseur possède toutes les qualités inhérentes à son art, ses compositions se distingueront toujours par un ensemble parfait et une belle ordonnance dans les détails.

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