LE REPOUSSÉ AU MARTEAU (Suite 3)

 Articles liés:  Le repoussé au marteau
                       Le repoussé au marteau (suite)
                       Le repoussé au marteau (suite2)
                       Le repoussé et le relevé au marteau
                       Outils pour le repoussé au marteau

Nous avons, dans nos précédents numéros, fait un rapide exposé de la façon dont devait être compris le repoussé au marteau dans la fabrication des ornements, fleurs ou fruits, culots, etc. Après avoir donné la nomenclature des divers outils employés, nous avons étudié la découpe à plat, puis le repoussé lui-même, et enfin nous avons donné quelques modèles assez simples sur lesquels il est facile d'appliquer les principes énoncés. Beaucoup de détails d'exécution restent encore à apprendre pour arriver à une connaissance aussi parfaite que possible de celte délicate partie de notre métier de ferronnier. Aussi croyons-nous rendre service à nos jeunes confrères en insistant encore sur l'emploi de différents outils, pour arriver à certaines finesses. Nous allons donc prendre un nouveau sujet d'étude plus compliqué, dont l'application sérieusement faite peut conduire à des résultats appréciables et permettra d'entreprendre des travaux d'une certaine délicatesse.
Culot en tôle repoussée
Détails   d'exécution

Notre sujet d'étude comporte, comme le représente la figure 1, un culot à quatre faces, modelé de tous côtés. La figure 2 nous donne la moitié de la découpe à plat. Les procédés d'exécution pour le modelage et le planage sont ceux que nous avons déjà exposés. Nous dirons même qu'il est plus facile de tourner un culot à quatre feuilles qu'un culot à deux feuilles; mais il faut toujours que chacune des quatre faces soit complètement terminée avant que de tourner le culot pour arriver à son état définitif.
La figure 3 présente une sorte d'état intermédiaire, le culot en applique, c'est-à-dire assemblé en deux parties. Il y a évidemment des cas qui obligent à l'obtenir ainsi. Les refends qui sont en saillie sur le contour ne peuvent s'obtenir qu'en deux parties. La difficulté dans l'exécution se trouve ainsi de beaucoup diminuée. Les ornemanistes des XVII° et XVII° siècles procédaient presque toujours ainsi; les ornements étaient rapportés en applique sur les volutes. La figure 4 donne la découpe à plat de ce genre de culot.
Nous profiterons de cette étude pour faire comprendre le maniement de la tranche et donner un aperçu du travail qu'on en peut obtenir. Cet outil, qui sert à profiler les côtes des feuilles, joue un grand rôle dans le relevage au marteau. Pour la description de cet outil, nous prions les lecteurs de se reporter à la nomenclature des différents  outils de relevage, que nous avons faite précédemment.
La figure 5 nous donne une vue d'ensemble de la tranche prise dans l'étau, sur laquelle on place la feuille à modeler. Pour bien faire comprendre la partie délicate de l'emploi de cet outil, nous avons représenté sur la figure les positions que doivent avoir, les uns par rapport aux autres, le marteau, la feuille du métal et la tranche. On remarquera que la tranche et le bec du marteau ne se trouvent pas sur la même verticale, ce qui explique qu'en frappant avec le marteau, comme nous l'indiquons sur la figure, une partie de la tôle descend et l'autre remonte, afin de donner plus de netteté aux côtes. La main gauche qui maintient la tôle sur l'outil doit disposer de l'index pour servir de guide sous la tôle et contre la tranche, afin de bien préciser l'endroit où doit être donné le coup de marteau, qui, maladroitement appliqué, pourrait faire couper la tôle.
Ces simples indications suffisent à faire voir qu'il n'est pas très aisé pour un débutant de se servir de la tranche; ce n'est qu'après une longue expérience qu'on peut se rendre maître de cet outil qui est indispensable et sert à obtenir certaines lignes avec une assez grande souplesse.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire