LE REPOUSSÉ AU MARTEAU (Suite 2)

 Articles liés:  Le repoussé au marteau
                       Le repoussé au marteau (suite)
                       Le repoussé et le relevé au marteau
                       Outils pour le repoussé au marteau

Après avoir étudié les différentes feuilles employées dans l'ornementation du fer forgé, nous croyons devoir encore insister sur certains détails de construction, afin de bien faire comprendre comment on peut arriver, même dans les modèles les plus simples, à une certaine perfection; perfection qui ne peut s'obtenir que grâce à une grande habileté de main, jointe à l'observation de certains principes que nous avons déjà exposés et sur lesquels nous nous permettrons de revenir, en donnant un nouvel exemple d'exécution d'une feuille tournée en culot.
Prenons encore comme modèle la feuille d'eau, dont nous avons étudié la découpe à plat dans notre précédent numéro. Elle nous servira d'ornement pour l'exécution du culot que représente la figure 1. Ce culot se compose d'une feuille d'eau fixée sur une boule terminée par une queue de cochon, de deux volutes très simples réunies par un collier, entre lesquelles prend naissance une graine qui forme l'extrémité du culot.

 Culots en tôle repoussée.—Détails d'exécution

 La figure 2 nous donne la forme que doit prendre la lame de fer employée à la découpe à plat de la feuille d'eau. La figure 3 nous montre la feuille modelée et prête à être tournée pour former le culot supérieur. Pour obtenir ce premier état, il n'y a aucune difficulté; on procède suivant les indications que nous avons données en détail dans notre dernier numéro. Le travail difficile consiste à ramener les deux parties symétriques de la feuille autour de sa partie centrale pour obtenir la forme définitive, telle qu'elle est représentée sur la figure 1.
Pour arriver au résultat désiré, on place le feuillage sur un tas en plomb et on frappe dans la partie centrale avec un marteau à boule ronde, comme il est indiqué sur la figure 6. En procédant ainsi, il se produit inévitablement une sorte de pli dans la partie évidée du métal; c'est ce que nous appelons, en terme de métier, un œil, qu'il faut bien entendu faire disparaître. C'est une petite difficulté à vaincre et qui se présente surtout lorsque le culot est assez profond, comme dans le cas qui nous occupe. Il faut, pour obtenir un culot parfait, marteler le métal sur toutes les faces afin d'obtenir une cavité aussi régulière que possible. Plus souvent aussi, on fait le culot en deux parties, que l'on soude ensuite; mais quand le travail se trouve enlevé et martelé d'une seule pièce, il est beaucoup plus intéressant.
Dans notre figure 1, nous avons un deuxième culot, qui offre moins de difficulté dans son exécution que le premier, vu son peu de hauteur. Il est bon cependant, lorsque l'on a obtenu la découpe de la figure 4, de lui imprimer la première forme de la figure 5, et de terminer les côtes et le modelé avant que de chercher à le ramener à sa forme définitive. On se sert du marteau à boule ronde et du tas en plomb, comme dans le cas précédent. La pureté du contour s'obtient au moyen du planage, sur un tas rond.
A propos du planage, nous ferons remarquer, pour les débutants, qu'il faut s'appliquer à donner tous les coups de marteau sur une même ligne de façon à gagner du métal et à obtenir, avec un morceau de fer de dimensions données, un ornement de surface plus étendue; ou plutôt en procédant ainsi, on arrive à travailler le fer, comme un métal élastique. Les détails peuvent être plus nombreux, et, par la souplesse du coup de marteau, on arrive à plus d'élégance. Au point de vue du coup d'œil, nous trouvons qu'il est préférable de laisser paraître, dans une juste mesure, bien entendu, tous les coups de marteau en les étalant bien sur les parties modelées, plutôt que de les effacer en polissant le métal et en le rendant brillant. C'est là une des ressources de notre métier, qui donne un charme tout particulier à certains travaux d'ornementation. Mais ce n'est qu'après une longue pratique, que l'on peut se permettre ces délicatesses de métier.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire