GRILLE-APPUI DE COMMUNION DE L'ÉGLISE DE DORMANS (MARNE)

Nous retrouvons dans cette grille, due au talent de M. Selmersheim, l'architecte bien connu, toutes les qualités de dessin et d'ornementation que nous avions remarquées dans une de nos précédentes études. Dans la composition de cet appui de communion, le décorateur a ménagé au ferronnier un travail facile, tout en étant du plus bel effet. Les plans sont dessinés avec soin et méthode ; les moindres détails sont donnés avec une rigoureuse précision. M. Moutier, qui l'a exécuté en fer forgé, a parfaitement compris que tout le charme et l'élégance inhérents à cette ornementation très simple résidaient dans les combinaisons savamment calculées, de façon à produire l'effet ornemental par une exécution rigoureusement soumise, dans ses moindres détails, au plan de l'architecte. Une grille aussi sobre d'ornementation ne pouvait, en effet, avoir un aspect aussi attrayant que grâce à l'emploi de savantes combinaisons, où l'emploi des fers de différentes dimensions jouent un grand rôle et produisent des effets d'une sévérité que devait s'imposer le décorateur et qu'on ne pourrait obtenir avec un dessin plus chargé. Les architectes qui, comme M. Selmersheim, comprendront que l'exécution dépendra presque tout entière des plans qu'ils sauront faire avec cette netteté et cette précision dans les détails, seront toujours certains que les ferronniers interpréteront une oeuvre de façon irréprochable, et ceci pour plusieurs raisons : c'est que, d'abord, l'artisan chargé de l'interprétation ne sera jamais tenté
de faire subir des transformations au dessin, d'y ajouter ou retrancher un détail; toucher à l'ensemble, déranger une ligne serait détruire l'harmonie de pareille oeuvre. En second lieu, le ferronnier, qui a sous les yeux un modèle préparé avec un soin aussi méticuleux, est de suite empoigné par son sujet et se met au travail avec ferveur, sans arrière-pensée.

La grille dont nous étudions aujourd'hui la fabrication a été exécutée tout entière en fer forgé, par M. Moutier, et sert d'appui de communion dans l'église de Dormans. Cette grille se compose d'une frise et de panneaux à remplissage. Le dessin de l'élévation, bien qu'il soit malheureusement trop réduit sur notre planche, donne cependant une idée suffisamment nette de l'aspect d'ensemble sévère et noble que doit avoir tout ornement
d'église. Le motif de décoration, dont on voit le dessin très détaillé et de grandeur d'exécution au centre de notre planche, est formé par une circonférence qui ne se referme pas complètement; les deux branches laissées libres se recourbent en demi-cercles tangents au même point, au montant qui divise en deux parties symétriques le motif, et se continuent ensuite par un quart de cercle; puis le fer est coudé, en présentant un profil arrondi, et prend une direction horizontale pour se terminer par une volute. Toute cette partie du motif que nous venons de décrire est d'un seul morceau de fer. Sur le montant et dans sa partie supérieure, viennent se souder deux petites volutes; son extrémité est garnie d'un noyau percé, sur lequel est fixée, au moyen d'un clou, une rosace à deux faces, en tôle estampée de un millimètre.
Deux motifs juxtaposés sont reliés entre eux et au montant par un collier d'assemblage, dont nous donnons le dessin en perspective. Les deux traverses dans lesquelles viennent s'engager les montants sont percées de trous renflés. La frise est composée de petits montants, à l'extrémité desquels sont fixées des rosaces identiques à celles dont nous parlons plus haut. Sur la traverse, se développent de petites barres de fer qui. se terminent à chacune de leurs extrémités par des volutes, et relient entre eux deux montants successifs.
Les portes ferment par quatre pentures de façon, avec gonds, serrures et verrous faits à la demande. Le plan et l'élévation de cette partie de la grille sont reproduits sur notre dessin; on y voit aussi le profil des arcs-boutants, qui sont en fer de vingt millimètres d'épaisseur.
Comme il est facile de le remarquer, cette grille ne présente pas de grandes difficultés d'exécution; toute la science du ferronnier doit consister, dans un pareil travail, à traduire fidèlement le modèle, dont chaque détail a son importance et doit produire son effets'il est bien exécuté.

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