CHIMÈRE EN FER FORGÉ

fer forgé

Poursuivant la tâche que nous nous sommes imposée d'insérer dans chaque numéro de cette revue la démonstration pratique d'un travail à la forge, avec les détails de fabrication et les explications nécessaires sur les différentes manières de vaincre les difficultés qui se présentent souvent dans les oeuvres que nous voulons traiter, nous avons cru utile de présenter, aujourd'hui, une étude digne d'attention par la diversité de son ajustage. Quelques parties sont assez délicates pour demander à l'ouvrier une certaine habileté dans les travaux du fer forgé; de même, le côté artistique n'est point à négliger. En un mot, cette étude intéressera sûrement les praticiens.



Fig. 1.— Chimère en fer forgé et repoussé. Plan d'ensemble.

Fig. 2.— Présentation des différentes pièces avec leur indication, suivant leur assemblage.

Fig. 3. — Préparation des ailes. La première épreuve consiste à forger séparément toutes les plumes, à leur donner le modelé que l'artiste a déterminé sur son dessin, puis à les grouper au moyen d'une soudure, par 2, 3, 4,. 5..., selon l'espace qu'elles peuvent occuper; ensuite, réunies en un seul faisceau, elles seront soudées avec la pièce principale. La partie qui doit venir s'appliquer sur le corps de la Chimère sera étirée dans la partie épaisse, afin d'obtenir les masses de poil qui viendront recouvrir l'ajustage de la patte et le joint du corps principal, haut et bas : par cette opération, les ajustages sont dissimulés et ne peuvent déparer le travail.

Fig- 4. — Différents états de préparation de la tête. Pour obtenir la première pièce, on procède à l'étirage d'un morceau de fer nécessaire qui, étant roulé, sera soudé en forme de douille, en ayant soin de ménager l'épaisseur suffisante pour supporter deux soudures. Ce travail exécuté, on renforcera cette première pièce, en soudant, sur elle même, un morceau de fer dans lequel on pourra débiter les oreilles et faire ressortir les yeux et les paupières. La gueule sera tout de suite indiquée par un coup de ciseau; en
resserrant les bouts, tout en ramenant le fer sur lui-même pour avoir la matière nécessaire, on obtiendra le nez et les mâchoires. Les deux branches du corps sont appelées à être étirées, découpées et modelées, pour se prêter à la disposition du feuillage qui servira à dissimuler les joints du cou. Cette pièce ainsi terminée, on peut se convaincre, par le fini de son exécution, des difficultés que présente un travail semblable. Le modelage de la tête offre, pour ainsi dire, le côté attachant du travail; la valeur réelle de l'ouvrier s'affirmera dans l'exécution de cette partie du corps de la Chimère, non seulement par ses connaissances du dessin, ou la manifestation de son goût artistique, mais encore par son adresse professionnelle.

Fig. 5. — Détails d'exécution des pattes. La pièce, qui doit se former, sera étirée à la largeur suffisante pour être repliée en forme de tube; les deux côtés, qui viendront se joindre par l'enroulement, seront appliqués l'un sur l'autre et soudés. Sur la partie faisant saillie on découpera les poils. Les griffes seront en fer plein, à partir du talon, que recouvriront des amorces soudées au mo}'en d'une petite chaude. La partie haute, formant l'assise de l'ajustage de la patte avec le corps, est emboutie suivant la forme du dessin.

Fig. 6. — Découpe à plat de la pièce forgée qui servira à exécuter le dessous du corps de la.Chimère, telle qu'elle est indiquée à la figure 2. Pour ce travail, il est prudent de préparer, d'après le dessin, la forme de la pièce, avant d'en faire la découpe, afin d'éviter la cassure et les refends sous l'action du marteau, quand il s'agira de donner l'empreinte définitive.

Fig. 7. — Découpe à plat de la partie supérieure du corps, forgée, en laissant dans le milieu une section de fer assez forte qui servira à l'exécution des arêtes et des perles du cou.

Fig. 8. — Détails d'exécution de la petite tête qui sert d'appendice à la queue. Mêmes procédés que pour la tête principale. L'ornement, qui passe par le trou de la tête de la Chimère, sera forgé et soudé avec la bague qui doit former la tête. La fourrure, qui relie les deux feuilles de la queue, est également forgée et emboutie. Le rinceau décoratif, ornant la partie du milieu, est composé d'un ensemble d'éléments reliés par des soudures. Enfin, l'assemblage général de l'oeuvre est complété au moyen de vis et de rivures. Les fils électriques passent dans l'intérieur de la Chimère : c'est le motif qui, pour ce genre d'éclairage, nous a conduit à procéder par le repoussé, pour le corps principal de l'ouvrage.

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