CHANDELIER VEILLEUSE EN FER FORGÉ

Cette étude présente plusieurs côtés intéressants  que nous soulignerons dans le cours de notre démonstration. Traités avec intelligence par une main exercée, ils familiariseront l'ouvrier aux diverses
applications de la forge, du repoussé et de la sculpture. En effet, dans ces différentes parties que nous venons d'indiquer et qui sont du domaine de l'Art de la ferronnerie, l'ouvrier aura le moyen de manifester ses qualités personnelles qui, si elles sont supérieures, lui permettront d'obtenir une oeuvre séduisante par le fini de l'exécution et, même, si sa conception sait s'inspirer du véritable goût qui doit présider à ce genre de travail, il pourra faire subir au modèle telles modifications dans la forme générale révélant son véritable talent.

fer forgé

Fig. 1. Plan en élévation. — Le dessin nous indique suffisamment les données de l'oeuvre, qui se compose de quatre parties bien distinctes :
1° la base et ses détails d'ornementation;
2° la tige principale et ses embases, surmontée d'une fleur terminale formant bobèche;
3° d'une chimère mobile tournant par sa queue autour de la tige principale;
4° de la petite suspension ou veilleuse armée de son récipient.
Sa hauteur totale est de cinquante centimètres.
Fig. 2. Plan d'ensemble de la base.  Le pied du chandelier est formé de trois branches en fer rond. Pour procéder à l'exécution de cette première partie du travail, au préalable, il est nécessaire que chaque branche soit terminée, c'est-à-dire que le patin coudé et la brindille du milieu soient soudés avant de les réunir ensemble par la soudure qui s'impose avant celle de l'embase. On peut aussi souder la partie qui porte le patin et la brindille après la soudure de l'embase : l'espace entre la naissance de la première pièce et la seconde est assez grand pour pouvoir faire la soudure après coup.
Ensuite les trois branches seront refoulées à l'endroit de la soudure afin de supporter les trois chaudes que ce travail nécessite; elles seront appliquées l'une contre l'autre et une légère chaude suffira pour les coller en ayant soin d'écarter les bouts pour pouvoir les tresser ainsi que l'indique la figure 3. Les petites volutes au-dessus de l'embase viennent se souder ensuite, non sans les avoir amorcées de manière à ce qu'elles entourent le fer par une soudure exécutée au moyen d'une petite chaude, avant de pratiquer celle de l'embase qui formera le lien ou le collier de l'ensemble de la base.
Nous placerons ici une remarque qui a son importance. Par rénumération de toutes les chaudes appliquées à l'exécution d'assemblage des détails précités, il est facile de se rendre compte des difficultés que présentent ces diverses opérations et l'attention soutenue que l'ouvrier doit apporter pour que son fer ne soit point corrompu après l'achèvement de son oeuvre, qui obtiendra par le travail de la forge une plus grande solidité et une supériorité artistique que ne lui donnerait certainement pas tout autre procédé d'ajustage.
Fig. 4. — Partie développée d'une des trois branches du pied avec les brindilles soudées.
Les trois embases qui font partie de la tige centrale sont soudées et moulurées à la lime.
La section de la tige centrale, qui fait suite à la partie torsée, au-dessus de la seconde embase, est profilée par trois tiges rondes terminées par un chapiteau en forme d'embase.
Fig. 5. Ébauche de la chimère.  La chimère qui sert de support à la veilleuse est complètement forgée, suivant la figure représentant le morceau de fer à l'état d'ébauche, prêt à recevoir la pièce, également forgée, qui servira à former les pattes et les ailes.
Fig. 6. Ébauche des détails de la chimère. Les pattes et les ailes, préparées ensemble d'une seule pièce, selon le dessin, seront soudées séparément, les unes après les autres, par une chaude, à l'endroit indiqué par des coups de tranche, à la figure 5. Cet ensemble de détails ainsi obtenu, la sculpture au burin lui donnera le fini d'exécution.
Une seconde remarque s'impose, nous allons la résumer en peu de mots. Il est incontestable que, dans l'exécution de ce travail, les connaissances réelles de l'ouvrier dans le dessin et le modelé et, surtout, sa grande pratique ou sa grande habileté à tailler dans le fer devront se manifester. C'est le côté original et non sans difficultés à surmonter que présente notre étude et qui doit tenter le savoir-faire de quiconque s'intéresse pratiquement à notre art. Le sommet de la tige centrale est terminé par une tulipe, formant bobèche, composée de trois feuilles découpées et embouties, accompagnées de trois feuilles plus petites, soudées deux à deux, l'une sur l'autre, groupées ensuite par une soudure unique sur une tige centrale, soudure qui sera complétée par celle de l'embase supérieure servant d'assise à la bobèche représentée par la fleur terminale qui recevra la bougie. Ces deux pièces seront soudées ensemble.
Pour compléter le corps du chandelier proprement dit, que nous avons indiqué plus haut comme formant la troisième partie de l'oeuvre, la chimère sera adaptée à la tige principale par l'enroulement de sa queue, cette disposition offrira un certain cachet artistique; la chimère pourra être fixe ou mobile.
Fig. 7. Détails de la garniture de la veilleuse. La garniture en fer, qui recevra le récipient en verre, est composée de trois branches avec brindilles soudées ensemble d'un bout, avec trois petites feuilles intercalées entre les branches et réunies par une petite embase soudée. Les trois branches seront assemblées, vers le haut, par un cercle découpé, en tôle. Elle est armée de trois maillons en petit fer carré, tordu, réunis par des anneaux de forme ronde pour venir s'accrocher à la langue de la chimère, dont l'extrémité â été disposée à cet effet.
Nous ajouterons, pour terminer cette étude, que nous ne saurions préciser les dimensions exactes d'épaisseurs des fers à employer pour ce travail; les proportions  des parties qui le composent nous paraissant suffisamment conservées et indiquées dans le plan en élévation pour guider l'ouvrier. Au reste, le goût doit dominer, en cette occasion, pour le choix à faire, afin que cette oeuvre puisse réunir cette double qualité: la légèreté et la grâce dans la fixité et la solidité qu'elle réclame dans son ensemble.

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