TRÉPIED CRÉE EN FER FORGÉ

Depuis les temps les plus reculés, le trépied a été en usage sous diverses formes. Les Romains s'en servaient comme brûle-parfums; nous en possédons encore de très remarquables, exécutés principalement en bronze; en Italie, à l'époque de la Renaissance, il en a été beaucoup employé comme supports de vases ou de récipients en cuivre, pour recevoir des fleurs. Cet usage s'est continué de nos jours, et nous avouerons que nous avons beaucoup emprunté aux modèles anciens pour la décoration des œuvres modernes; cependant le trépied se prête à la composition par la diversité des formes décoratives qu'un ouvrier habile peut lui donner, car il est assurément un des principaux ouvrages de ferronnerie qui trouve sa place dans la partie de
l'ameublement. Le modèle que nous présentons offre un réel intérêt pour celui qui en tenterait
l'exécution d'après les données de notre démonstration, qui porte essentiellement sur un travail d'ornements traités à la forge et tous soudés.
Fig. 1.— Plan d'ensemble du modèle à exécuter.


fer forgé

Fig. 2. — Épure à plat désignant la position et l'emplacement des pieds des deux
ceintures et de l'embase qui réunira les trois branches au centre. Pour que les trois branches soient bien reliées et fixées solidement au point central, il faut que le tracé du collier soit bien compris.


Nous définirons son exécution de la manière suivante : Une partie ronde, pleine, de 0m02 d'épaisseur, d'un diamètre de 0m04; une seconde partie formant bague, également, de 0m02 d'épaisseur, de 0m06 de diamètre. On resserrera cette dernière avec la première, en la faisant chauffer de façon à ce qu'elles ne forment plus qu'une seule pièce; on percera les trois trous de passage des tiges, par moitié, sur le joint, et l'on profilera la moulure sur le côté; puis on percera les trous qui doivent servir à relier ces deux pièces ensemble; on terminera par un coup de scie à métaux pour séparer les deux parties de la bague qui doit servir de collier.
La deuxième ceinture qui doit réunir les pieds sera exécutée en fer méplat; elle contournera le fer rond en forme de collier et viendra s'ajuster sur un second cercle en tôle découpée, légèrement emboutie, suivant le dessin de la fig. 2. La ceinture du haut, en tôle de 0m002 d'épaisseur.
Fig. 3. — Tracés des différentes découpes à plat des feuillages qui figurent au plan
d'ensemble.
L'exécution préparatoire d'un feuillage, si nous pouvons nous exprimer ainsi, est une opération par laquelle il n'est pas toujours facile d'interpréter, du premier coup, la forme que le modèle demande par une découpe à plat. L'ouvrier le plus rompu à ce genre de travail éprouve, parfois, bien des difficultés dans l'essai d'une découpe d'une pièce de certaine importance; il est obligé d'y revenir à plusieurs fois avant de tomber juste dans le sentiment de son dessin, car le métal subit bien des déformations sous l'action du marteau, que le praticien intelligent doit atténuer, corriger, jusqu'à ce qu'il soit arrivé à lui faire revêtir la forme parfaite exprimée par le modèle. C'est le cas le plus intéressant, en ce genre de travail, pour l'ouvrier adroit, possédant une conception artistique suffisante et capable d'exécuter, au gré de ses coups bien appliqués, par la découpe dont il s'agit, une œuvre finement chiffonnée, d'un résultat inattendu dans des effets surprenants, véritable caractéristique des ouvrages en fer forgé, que le crayon ne peut rendre, que la terre elle-même ne peut fournir dans tous ses aspects par le modelage.
Le sentiment que nous venons d'exprimer nous a guidé dans l'étude des feuillages figurant à notre dessin et qui peuvent servir d'application aux procédés à employer dans le sens que nous avons indiqué, en constatant de nouveau que l'épreuve pratique qui doit donner des résultats appréciables doit être conduite par l'ouvrier que ce travail tenterait, avec une intelligente intuition du but à atteindre et la participation adroite de sa main. Nous aurons l'occasion de revenir sur ce sujet au cours d'une étude spéciale sur la repousse au marteau, c'est-à-dire après celle que nous consacrons actuellement à la forge.
Revenons aux feuillages. Toutes les feuilles indiquées au dessin doivent être étirées dans le fer en laissant une amorce pour la soudure. Celles forgées de petites dimensions sont relativement d'un travail facile d'exécution.
Fig. 4. — État des différentes soudures, par amorce, des brindilles qui forment l'ornementation des pieds.
Fig. 5. — Présentation de la soudure avec le pied terminé par une petite masse formant assise, légèrement bosselée, martelée de façon à lui donner l'aspect apparent d'une tête.
Fig. 6. — Telles que.nous les avons conçues, les brindilles qui s'entrelacent autour des pieds viendront se souder avec ces derniers pour ne former qu'une seule partie réunie par une seule soudure. Toutes les branches, assemblées et soudées ensemble, seront contournées sur un morceau de fer rond, dit faux rouleau, de la forme du pied; elles reprendront ensuite leur place sur la pièce même, selon l'indication de la figure 6, pour donner la soudure qui doit les relier à la tige principale; on soudera ensuite la partie qui doit terminer la volute. Nous ne saurions trop insister sur ce point : que tout ouvrier qui sait se servir de la forge, doit exécuter par ce système la plus grande partie de son œuvre, sinon toute (ce qui est possible), car il y trouvera une économie de temps : une soudure étant toujours plus promptement faite qu'un ajustage avec rivure.
L'ensemble du travail sera terminé par le montage, la fixation des pieds sur les ceintures; l'attache de la volute est comprise par une partie ronde formant trou renflé, qui vient s'appliquer sur la ceinture et forme assise.
La couronne qui doit recevoir le vase, et qui prend place dans le milieu, est découpée suivant le tracé et emboutie d'après le dessin.

1 commentaire:

  1. Super blog sur les techniques de fer forgé, la façon de faire et le développé pour réaliser cette pièce en fer forgé.

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