PROJET DE CHANDELIER EN FER FORGE

fer forgé
 Nous poursuivrons notre étude sur l'Art du fer forgé, ses procédés et ses applications par une série de modèles qui pourront être exécutés sans que l'ouvrier, appelé à les copier, ait besoin d'avoir recours à une grande mise en œuvre.

fer forgé

Fig. I. — Plan d'ensemble. Chandelier en fer forgé avec tous les ornements soudés à la forge. Sa hauteur totale est de 0m35. Le plateau est exécuté en tôle repoussée au marteau: longueur 0m23,largeur 0m12.
Fig. 2. — Boutons qui surmontent le chandelier fixés par une tige taraudée. Pour obtenir à la forge une pièce semblable, on soude une embase à chaud, que l'on arrondit en ramenant la pointe, à petits coups de marteau, sur la bigorne de l'enclume. On peut la forger très près de la lime en apportant un peu de soin ; la petite embase du bas est ensuite soudée. Nous pouvons ajouter qu'il serait facile d'obtenir également cette pièce soit au tour, soit forgée dans la masse; mais nous conseillons à nos lecteurs praticiens de toujours arriver au résultat du travail par la forge qui exerce la main de l'ouvrier, donne une économie de temps dans bien des circonstances et, surtout, augmente la valeur de la pièce. Nous nous placerons toujours à ces trois points de vue bien caractérisés dans nos différentes explications sur le fer forgé.
Fig. 3. — État des divers apprêts pour obtenir la pièce qui doit supporter la bobèche. La partie composant l'embase est apprêtée en deux pièces, selon le modèle, de la même façon des deux bouts, également en deux parties, en laissant les extrémités assez longues pour obtenir la partie torse; on soude ensuite les deux fers ensemble par une chaude à souder, puis on ouvre les deux branches en fer méplat, pour les tordre suivant le modèle. On donne la forme ovale, selon le dessin; les deux bouts rapprochés par cette forme donnée, on soudera les deux parties ensemble; on préparera la partie ronde dans laquelle il sera percé un trou à chaud, agrandi sur la bigorne de l'enclume pour le passage de la bobèche. De l'autre côté, cette pièce sera épaulée et amorcée pour la soudure de la volute qui la termine. Cette volute se compose de deux brindilles. On apprête l'une en amorce, suivant l'indication du dessin, et l'on soude les deux parties ensemble; cette pièce ainsi composée vient s'assembler par une soudure à la partie épaulée de la pièce précédente.
Fig. 4. — Découpe à plat de la bobèche. Partie découpée dans de la tôle, suivant le dessin, et roulée sur un mandrin rond; les deux bouts bien ajustés et soudés au cuivre.
Fig. 5. — Motif de la volute du milieu à son état de préparation. Les petites brindilles du milieu seront d'abord soudées les unes avec les autres, en procédant par amorce, comme l'indique la figure 11. La certitude d'un bon résultat dépend surtout de la parfaite exécution de ce premier travail. Les brindilles soudées, on soude la première feuille dessus, à plat, c'est-à-dire sans amorce, les deux fers posés l'un sur l'autre. Le petit bouton vient se souder à plat sur la volute; la seconde feuille se soude avec la volute qui vient se poser sur la tige centrale du chandelier. La pièce se termine par une dernière soudure qui relie toutes les parties décrites ensemble. Tige plate qui fait suite à cette pièce. On soude la bande de fer plat très mince de manière à ce qu'elle soit assez flexible pour faire ressort et pincer la bougie dans la bobèche, en lui donnant une forme demi ronde suivant la figure 6.
Fig. 7. — Tige centrale du chandelier terminée par une embase au bas, soudée à la forge, moulurée ensuite à la lime.
Fig. 8. — Découpe à plat des feuilles forgées à un millimètre d'épaisseur en laissant une partie forte dans le bout pour supporter la chaude. La première passe pour emboutir ces feuilles se donne à chaud, pour les reprendre à froid, en les faisant recuire très souvent. On arrive par ce procédé à travailler les feuilles forgées aussi bien que si elles étaient en tôle; il n'y a que le travail de forger, d'étirer le fer en plus, mais il est compensé par celui des soudures, qui est plus vite exécuté que celui de l'ajustage pour l'ouvrier habile à souder à la forge, et sûr de ne pas compromettre le travail préalable par une chaude mal donnée qui détruirait tout.
Fig. 9. — Découpe à plat du plateau. Découpé dans de la tôle de un millimètre d'épaisseur, emboutie au marteau, d'un travail relativement facile. Les bords seront légèrement relevés, les cornes de bélier roulées suivant la découpe, qui, par leur forme et ,leurs dimensions bien calculées, doivent, par un léger relevage, donner la forme du modèle.
Fig. 10.— Pied du dessous du chandelier, formé de trois pieds forgés. On peut souder sur champ les deux branches ou les découper; on soude le motif en forme de trèfle qui termine les pieds par amorce. La petite volute de la première branche est soudée à plat sur le fer; on doit les rouler de façon à former une bonne assise. Les travaux préparatoires ainsi terminés, il ne reste plus qu'à procéder au montage et à l'assemblage des pièces avec vis ou rivets pour terminer l'œuvre.
Pour faire ressortir le travail fini, on donne la patine que l'on juge nécessaire : polir la pièce ou tout simplement laisser la teinte du fer. A cet effet, on lui fait subir, pendant une nuit, un bain d'eau additionnée d'acide sulfurique; on la retire pour la sécher le plus rapidement possible et frotter ensuite toutes les parties au moyen de pierre ponce pulvérisée mélangée d'huile de lin. Les surfaces du fer seront ainsi débarrassées de la couche qui les noircit et donne la teinte vieux fer. On peut également noircir le fer, en obtenant des parties luisantes qui lui donnent un certain cachet. Plusieurs recettes sont employées pour arriver à ce résultat, parmi lesquelles : le noir à la cire, à la corne, au noir de fumée et à l'huile de lin.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire