LUSTRE EN FER FORGÉ

Nous sommes heureux de pouvoir donner aujourd'hui le plan, les détails de construction et l'aspect d'ensemble d'un lustre pour éclairage électrique. Que ne peut-on imaginer, que ne peut-on créer pour permettre à cette lumière, presque mystérieuse il y a quelques années seulement, pour lui donner les moyens de jeter ses feux éblouissants dans nos demeures. La petite ampoule de si grande intensité lumineuse peut trouver sa place dans tous les coins d'un salon, aussi bien sur la cheminée que sur un meuble décoratif dont elle sera un motif d'ornementation, ou bien elle pourra se trouver sur les murs, à la hauteur qu'il plaira; directement appliquée au plafond, elle projettera sa lumière tout comme une brillante étoile.
Le mince fil conducteur de l'électricité semble désirer, pour l'accompagner, une ornementation aux lignes un peu frêles; il s'accommode mal de lourds et massifs ornements; il attire forcément une ornementation nouvelle, très délicate, très fine, un peu capricieuse et surtout pleine d'originalité. Comment supposer que les lustres, les vulgaires chandeliers ou les appliques pour bougies puissent: être transformés et subir une adaption propre à cette lumière sans flamme vacillante, de coloration jaune et d'intensité si merveilleuse? Pour sortir de la banalité, du déjà vu, il faut à l'artiste une imagination que l'on pourrait qualifier, de toute neuve, une imagination où n'aurait pas pénétré l'image, des styles anciens, ni les formes connues. La vue seule de ces fils d'une ténuité extrême, dissimulant une grande force et une énergie incomparable, devrait inspirer l'artiste et lui suggérer en quelque sorte une décoration nouvelle. Sa tâche est facilitée par la nature même de l'éclairage électrique, qui ne nécessite aucun tuyau de conduite comme le gaz, ni appareils de propreté, ni disposition spéciale sur les meubles ou aux murs des salons.
Le projet que nous avons étudié aujourd'hui paraîtra peut-être, à première vue, un peu compliqué dans ses détails. Mais une étude attentive de cette composition permettra de voir qu'elle peut être transformée de bien des manières tout en lui conservant son effet d'ensemble. Ce lustre prête à de nombreuses combinaisons; nous en indiquerons quelques-unes.
fer forgé

Si l'on veut augmenter le nombre des lampes électriques, il suffira d'ajouter quatre nouvelles rosaces par exemple. Chaque motif qui fait suite aux volutes peut recevoir un bouquet de lampes. L'ornementation qui forme le remplissage du quart de la circonférence pourrait également être transformée pour y ajouter quelques lumières.
L'importance du travail de ferronnerie peut aussi être diminuée en supprimant une partie de l'ornementation. Quelle que soit la disposition adoptée, le groupement des lumières pourra toujours se faire très aisément, grâce à la composition conçue sur un plan pratique.
La figure 1 donne le plan du lustre avec la disposition des arcs et des montants venant se fixer sur un double cercle. L'ensemble représente une sphère divisée en huit parties par des arcs en fer méplat, qui viennent se fixer sur les traverses comme l'indique la figure 1. L'extrémité du fer est légèrement refoulée de façon à obtenir une petite embase moulurée. Celle-ci est percée d'un trou pour le passage du tenon.
Le montant en fer creux sur lequel est fixée l'embase qui reçoit les goujons, est rapporté sur le fer creux et brasé.
Les montants sont fixés par une embase brasée sur-laquelle ils sont fixés avec empattement sur le double cercle où tous les montants viennent s'attacher. Sur ce cercle vient également s'ajuster la branche de remplissage, qui sert d'ornement à chaque quart de sphère. Les montants ainsi assemblés (fig. 2), le vide qui reste entre les deux cercles du milieu permet de faire la jonction des fils avec facilité.
Chaque arceau est surmonté d'une volute (fig. 6) qui est assemblée avec le croisillon, lequel se termine au centre de l'arceau par un fleuron.
La figure 4 nous donne le détail du cercle qui termine chaque montant, qui distribue la lumière par un bouquet de cinq lampes. Quatre lampes sont également disposées sur le pourtour du cercle. Celui-ci est en fer plat dont nous n'indiquons pas la dimension, parce qu'elle dépend de l'importance que doit avoir le lustre. Un second cercle est mouluré et assemblé avec le premier. Le croisillon qui doit les relier au lustre et avec les volutes est fixé avec des équerres.
La figure 4 donne la coupe et le détail de la tige en fer creux donnant passage aux
fils qui sont reliés au bouquet. Une embase est fixée sur l'extrémité de la tige. Celle-ci est reliée par des vis avec une pièce qui reçoit les cinq branches de lampes. Le tout est réuni au croisillon et à la rosace qui occupe le milieu du cercle; Un petit culot vient recouvrir la naissance des tiges.
La figure 5 représente la vue en plan du cercle.

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