HORLOGE EN FER FORGÉ

Nous croyons intéresser nos lecteurs en leur donnant dans ce numéro une étude sur un objet d'ameublement qui a été fort peu traité en ferronnerie, surtout dans ces dernières années. Et cependant, dans les différentes expositions universelles, tant à Paris qu'à l'étranger, l'horloge a toujours été une pièce que l'ébéniste et surtout le fabricant de bronze se sont plu à présenter au public. Et ceci est très compréhensible, car l'horloge, par ses dimensions monumentales et son ensemble architectural, peut prêter à toutes sortes de combinaisons ornementales, où la verve de l'artiste peut s'exercer en toute liberté. Pourquoi le ferronnier ne pourrait-il pas, lui aussi, fabriquer une horloge qui serait certainement appréciée aussi bien par les artistes que par les
amateurs?
Au moment où le fer forgé devient de plus en plus en faveur auprès du public, et surtout aussi parce qu'il peut se prêter, comme nous l'avons prouvé plus d'une fois, à toutes les décorations des objets d'ameublement, il nous a paru utile, sinon nécessaire, de faire un essai en publiant cette étude, dont les ferronniers pourront tirer parti ou tout au moins s'inspirer, s'ils ne veulent copier servilement le dessin que nous reproduisons. Nous espérons susciter parmi nos confrères une certaine émulation qui aura peut-être pour résultat une floraison très variée, très affinée des productions de l'Art de la Ferronnerie à l'Exposition de 1900.

fer forgé
Nous donnons comme toujours une vue d'ensemble, l'élévation et les plans de détail de la composition que nous nous proposons d'étudier. La figure 2 nous donne le plan de la cage : celle-ci est composée de plaques de tôle ajourées et de forme rectangulaire. Les tôles de côté, dont l'une sert de porte, sont assemblées par des cornières dans toute leur hauteur. Trois ceintures, une au-dessus du cadran et deux au-dessous, à la hauteur des embases des colonnes qui forment le cadre de la cage, servent à donner à celle-ci une forte structure et un solide assemblage.
La partie supérieure de la. cage est surmontée d'une sorte de dôme ajouré, composé de quatre arceaux, dont les courbes se terminent par un fleuron central. Ces arceaux sont réunis à leurs points culminants par une bague prenant la forme d'une petite colonne aplatie. Le fleuron est vissé dans le chapiteau de cette colonne. Nous ne donnons pas le détail de fabrication de ce fleuron, pas plus que celui des quatre autres disposés au-dessus des colonnes de supports aux quatre coins de l'horloge. Nous avons eu déjà maintes fois l'occasion de donner la manière de procéder.
Le timbre de la sonnerie qui forme la partie intérieure du dôme est vissé sur un culot; celui-ci fait partie d'une tige ronde qui sert à maintenir le timbre au-dessus du mouvement de l'horloge.
La frise qui couronne la partie supérieure de la cage est en tôle découpée et repoussée; elle est coudée à l'équerre et fixée sur la tôle qui recouvre le haut de la cage. Cette frise est divisée en deux parties par la ceinture dont nous avons parlé et la partie inférieure de la frise est fixée sur cette ceinture et un peu en saillie.
Les colonnes torses et leurs ornements sont d'une seule pièce. La figure 8 donne tous les détails de construction et profils de ces colonnes et des embases qui en font partie. La figure 3 donne le détail des cornières, la coupe de la ceinture et l'assemblage d'angle des tôles.
Figure 4. —- Coupe des quatre arceaux.
La figure 5 représente l'assemblage d'un arceau avec la colonne et le fleuron qui la surmonte.
Figure 6. — Détails de la patte d'assemblage.
Figure 7. — Réunion des quatre arceaux par une bague.
L'horloge, une fois montée et toutes ses parties assemblées, est posée sur deux
supports dont les consoles sont formées par deux chimères. Celles-ci sont fixées sur une applique en tôle découpée ou en fer forgé qui s'adosse à la muraille à laquelle elle est solidement fixée.
Les deux chimères forment la partie intéressante de cette pièce de ferronnerie et lui donnent une grande partie de son prix. Si on ne veut pas s'astreindre à forger ces chimères, on peut les remplacer par deux volutes qui pourront également former console, mais l'œuvre ne présentera pas le même aspect d'originalité.
La figure 1 donne la silhouette de la chimère et permet d'en concevoir facilement l'exécution. Les différentes figures 9 donnent, à l'état rudimentaire, le dessin des pattes et des ailes qui sont forgées et apprêtées, séparément. Aux différents endroits où doivent être fixées les ailes et les pattes sur le corps, on perce des trous pour y introduire les rivets qui serviront à réunir les différentes pièces afin de faciliter la soudure des dites pièces et de constituer la chimère telle qu'elle est représentée sur notre figure d'ensemble. Le fini est donné par la sculpture au burin.
Les deux poids, tels que nous les avons figurés, sont composés d'une boîte de forme cylindrique recouverte d'un cercle en tôle découpée et ajourée; à l'intérieur de cette boîte, on place les plombs destinés à se faire contrepoids et à assurer le mouvement de l'horloge.

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