ARMATURE DE CLOCHE EN FER FORGÉ

fer forgé

Le projet d'armature de cloche en fer forgé que nous présentons aujourd'hui n'offre point de grandes difficultés d'exécution pour l'ouvrier habile; mais il aura, par sa démonstration, un grand attrait pour les débutants qui ont besoin de se familiariser avec les notions de la ferronnerie.

fer forgé
Nous considérerons donc ce travail comme une étude avancée qui nous permettra d'aborder peu à peu le travail de forge.
Fig. 1. — Plan d'ensemble.
Fig. 2. — Développement de la volute du haut avec l'indication des différentes soudures qu'elle comporte.
Pour procéder à son exécution, il s'agit de prendre le développement de chaque rinceau, sur son plan d'ensemble tracé de grandeur exacte d'application du dessin, avec un fil souple pour établir la longueur des fers. — Rouler les noyaux. — Pour y procéder, il est essentiel, au préalable, d'aplatir le bout de son fer en sifflet en le roulant sur lui-même de la grosseur voulue.
Avec la panne du marteau mater la bavure qui s'est produite en aplatissant le fer en sifflet, de façon à boucher les traces que le fer laisse en le roulant, puis donner une petite chaude à ressuer en arrondissant le noyau. On commence ensuite à faire la naissance de la volute au marteau et à la griffe. S'il y en a beaucoup à exécuter, on emploiera un faux-rouleau.  Le noyau qui figure au dessin sert à la fixation de la rosace du milieu. Il est inutile, pour cela, de faire un noyau rond; on peut le rouler simplement sur un mandrin qui formera le trou demandé. Les autres volutes sont coudées à angle et retournées.
Pour réunir les volutes entre elles en les soudant on doit, comme point de repère, donner un coup de pointeau à la naissance de la soudure, en ayant soin de refouler légèrement son fer à cet endroit. Puis on réunit les morceaux par deux, trois ou quatre, aux coups du pointeau, en pinçant solidement les fers ensemble au moyen d'une forte paire de tenailles appropriées à cet usage dont les branches sont retenues par un anneau comme l'indique notre figure 11.
On peut alors procéder à la soudure, et nous ne saurions trop le redire, apprendre à voir chauffer son fer dans le foyer, c'est devenir à moitié forgeron; et si nous insistons sur ce point, c'est que malheureusement l'ouvrier qui commence son apprentissage ne comprend pas toujours l'attention toute particulière qu'il doit apporter aux diverses branches du travail principal de la forge, du repoussé et de l'ajustage qui lui d'exécuter une œuvre permettra entièrement faite de ses mains. C'est aussi pour les mêmes raisons que nous exprimerons, à ceux qui ne se cantonnent pas dans une spécialité quelconque du métier, qu'il ne suffit pas de mettre son fer dans le foyer, de tirer sur le soufflet pour le chauffer, de le faire ressuer pour le souder, mais qu'il ne doit point le quitter des yeux, diriger son feu de façon à arriver au degré de chaude nécessaire pour subir la soudure.
Fig. 3. — Feuilles et fleuron présentés prêts à être soudés sur la tige. L'apprêt de ces pièces fait beaucoup pour l'heureuse réussite de ce genre de travail. La feuille est d'abord étirée dans du fer, forgée à plat et découpée ensuite selon la forme à lui donner; elle doit être emboutie avant la soudure. L'amorce doit se replier sur la tige en serrant deux feuilles à la fois; on soude premièrement ces deux feuilles et, après, les deux autres de la même manière.
Une dernière opération reste à faire : c'est la soudure au collet du fleuron qui est certainement délicate et difficile, car on risque fort de brûler les feuilles si l'on n'est point sûr de soi. Cette chaude terminée, l'ouvrier donnera la forme définitive d'après le modèle (fig. 5).
Fig. 4. — Développement de la volute du dessous. La feuille qui la termine est forgée, puis découpée suivant la figure 6, emboutie a
chaud et terminée à froid au marteau. Elle vient ensuite se souder par amorce sur la volute.
Fig. 7. — Découpe de l'applique dans du fer plat. Découpée à chaud au ciseau, suivant le dessin et modelée ensuite.
Fig. 8 et 9. — Découpe des rosaces posées sur chaque noyau des deux volutes principales embouties au marteau.
Fig. 10. — Pièce forgée devant recevoir la cloche avec embase moulurée.
Fig. 11. — Présentation de deux fers par une paire de tenailles prêts à recevoir la soudure.
L'ensemble du montage des volutes est fixé par des clous à tête carrée et pointe de diamant sur l'applique. Les embases sont moulurées au burin et à la lime. Nous ajouterons que, pour pousser une moulure bien régulière, bien droite, à la lime, il faut une bien grande habitude pour imprimer à cet outil le mouvement qui doit produire un trait bien croisé.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire