GRILLE FER FORGE

 Cette grille en fer forgé mesure 3m8o de hauteur et 3m85 de largeur. Les montants sont en fer de 40 millimètres; la partie inférieure de la grille est composée de carrés en fers de 25 et 18 millimètres. Elle est formée par deux vantaux, dans lesquels se meuvent deux guichets adossés à deux pilastres en fer. Ceux-ci sont fixés aux pilastres en pierre par un tirant qui les traverse et vient faire harpon dans le mur. Le tirant se terminé par une chape qui embrasse le fer du montant dans sa partie refoulée en congé. Ces différentes parties sont reliées par un boulon dont la tête est dissimulée par une rosace. La grille en fer forgé est fixée sur le pilastre de telle sorte que celui-ci se trouve en retrait de toute l'épaisseur du fer carré de 4 centimètres. La ferrure est composée, dans le haut, d'un collier renvoyé, et, dans le bas, d'un pivot en acier.
Les guichets sont également ferrés en retrait sur les vantaux. Cette disposition est très heureuse et assure à la grille en fer forge un très bel effet d'ensemble, tout en lui donnant plus de corps.
Toute l'ornementation a été forgée et repoussée au marteau. Le chiffre central, tout entier en fer forgé, d'un travail très difficile, acquiert une grande valeur par la finesse de son exécution.

Grille en fer forgé

       En mettant sous les yeux de nos lecteurs tous les détails d'exécution qui ont été mis en pratique pour forger les différentes pièces qui composent l'ornementation de cette grille, nous faisons connaître plusieurs questions de métier, intéressantes et très utiles à étudier.


 Grille en fer forgé.—Composition de M. VANDENBERGH Architecte
Ornementation en fer forgé, exécutée par E. ROBERT.

La figure 1 et les figures suivantes jusqu'au numéro 12 de notre planche permettent de suivre les principales opérations par lesquelles on doit passer successivement pour exécuter une des volutes qui fait partie de la frise du haut. La fleur garnie d'une graine qui termine la volute (fig. 1) est composée de la façon suivante : les deux faces de la graine représentée à la figure 2 sont forgées et estampées séparément, puis réunies par une soudure. La figure 3 représente deux graines à double face soudées ensemble. Ces graines sont ensuite enveloppées par deux feuilles, comme il est indiqué, aux figures 4 et 5.
La feuille (fig. 4), toute préparée et emboutie, a été découpée dans un fer plat de 40X7, en suivant le dessin de la figure 6, puis aplatie en lui donnant la forme du modèle. Les bords inférieurs de la feuille qui viennent rejoindre la tige, ont une épaisseur assez grande, afin de leur permettre de supporter une chaude à souder. Une fois ces divers éléments préparés, la graine est enveloppée dans les deux feuilles. Les tiges des graines et. des feuilles doivent être assez longues pour permettre à l'ouvrier de les
tenir avec des tenailles, lorsque ce dernier leur fait subir une première chaude pour les réunir.
La figure 7 donne le motif composé de deux petites feuilles soudées sur la tige ronde de 10 millimètres de diamètre. Le motif principal du rinceau (fig. 8) est composé de deux feuilles et d'une graine
à double face au centre; ces deux parties sont réunies par une soudure sur la tige centrale.
Les figures 2, 9, et 10 représentent des graines estampées qui par leur réunion forment la graine d'ensemble de la figure 11. Chacune de ces graines de deux, trois et quatre perles forgées séparément sont réunies sur une même tige pour former une grappe (fig. 12).
La découpe de la feuille à plat est donnée à la figure 13 ; cette feuille est ensuite forgée et étirée avec une côte dans le milieu, qui donne naissance à la queue, laquelle doit être d'une grosseur de 8 millimètres de diamètre. Une amorce réservée à l'extrémité de cette queue sert à relier le motif à la tige, qui elle-même redevient plate à la naissance des deux petites feuilles qui se trouvent un peu plus bas que le motif principal. La volute se termine par un noyau qui reçoit les rosaces. Les feuilles de la figure i3 sont étirées dans du fer carré de 18 millimètres; elles sont apprêtées et aplaties sur une étampe dans laquelle on a ménagé une rainure cylindrique qui permettra de former la côte du milieu. La forme emboutie est obtenue à chaud. La tige ronde est retournée sur elle-même en forme de boucle; ce détail
d'ornementation répond parfaitement à l'effet décoratif que l'on peut obtenir par l'emploi du fer forgé. Pour les souder à la tige principale, on peut d'abord les assujettir sur celle-ci au moyen de rivets afin de bien leur conserver leurs places respectives. Mais un bon ouvrier, sûr de lui et maître de sa forge, peut se passer de cet expédient; il lui. suffira de bien préparer ses pièces et de les tenailler adroitement de façon à faire directement la soudure. La naissance de chaque tige des feuilles est enveloppée par deux petites feuilles qui sont soudées sur le fer, qui, à ce point, devient plat et de dimension de 25 X 9. Cette belle pièce de fer forgé, qui à elle seule permet au forgeron et au releveur au marteau d'exercer tout leur savoir, contribue par la finesse et la légèreté de sa composition à orner la grille très agréablement.
La figure 14 représente un fleuron composé de quatre feuilles soudées sur une tige centrale terminée par une torsade. Les figures i5 et 16 donnent la découpe à plat de chacune de ces feuilles, qui sont étirées dans du fer carré de 2 5 millimètres; leur épaisseur est de 2mm 1/2 jusqu'à la partie qui est modelée; le reste de la feuille qui constitue l'amorce doit avoir comme épaisseur de 6 à 7 millimètres.
Les feuilles sont ensuite embouties et coudées suivant la figure 17, afin qu'elles puissent envelopper la tige du milieu, tout en laissant entre elles un peu d'espace, comme il est indiqué sur la figure 18; il ne faut pas craindre de laisser les amorces assez longues pour pouvoir les pincer avec des tenailles, lorsqu'on donne la première chaude.
On peut éviter ainsi de les faire tenir à la tige au moyen de rivets. La seconde chaude doit être donnée avec beaucoup de précaution et au moyen d'un feu très doux, qui permet à la tige du milieu de bien chauffer en même temps que les feuilles qui la recouvrent; celles-ci doivent être ménagées, de crainte de les brûler.
La figure 19 représente l'ensemble du bouquet de pavots, dont les pistils sont formés par sept tiges en fer carré de 7 millimètres et se terminent en pointe. Les extrémités inférieures de ces différentes tiges assemblées une à une sont forgées de façon à en composer un fer rond, qui recevra les quatre feuilles formant la corolle de la fleur.
Chacun de ces pétales en fer carré de 14 millimètres est préparé et aplati sur une étampe, dans laquelle est réservée, comme nous l'avons déjà vu, une rainure cylindrique qui sert à réserver une côte dans le milieu de chaque feuille et à renforcer la tige.
La beauté du travail dépend tout entière de l'habileté de l'ouvrier qui saura agréablement chiffonner chacune de ses pièces et leur donner la découpe qui leur convient. Ceci nous offre l'occasion de faire remarquer que, pour obtenir le galbe voulu et pour que ces pièces, qui doivent être vues à une assez grande distance, produisent un bel effet décoratif, il ne faut pas exagérer les détails ni donner une reproduction aussi exacte que possible de la nature. Le ferronnier doit, avant tout, se soucier des lignes
générales et de la souplesse des mouvements et ne pas chercher à donner à son travail une finesse d'exécution, qui serait à l'encontre de l'effet à produire. Le bouquet se continue par un rinceau composé de trois fleurs soudées ensemble et enveloppées à leur naissance par deux feuilles découpées, à arêtes vives et modelées.
Ces différentes pièces, exécutées suivant la méthode que nous venons d'indiquer, sont d'une légèreté et d'une souplesse qu'aucun autre métal ne pourrait leur donner. La manipulation du fer est d'une grande difficulté; aussi le ferronnier peut-il être à juste titre très fier des résultats merveilleux qu'il peut obtenir avec ce métal. C'est pourquoi, bien que des difficultés se rencontrent à chaque instant, nous ne pouvons
cesser de recommander l'emploi de la forge pour l'exécution de toutes ces pièces décoratives, qui acquièrent ainsi une réelle valeur artistique en diminuant, dans bien des circonstances, la durée du travail.

MARQUISE FER FORGÉ

La marquise a pris une certaine importance dans notre architecture moderne; elle n'était guère employée autrefois que pour abriter les perrons dans les châteaux et les hôtels princiers et protéger les invités au moment de la descente des équipages dans les cours d'honneur. De nos jours, cette construction s'est considérablement modifiée, surtout depuis que le fer forgé est devenu une des matières indispensables à l'architecture.
Depuis la construction des grands halls du commerce, la transformation et l'agrandissement de nos gares, et surtout depuis que les grands magasins de nouveautés et de comestibles ont une partie de leur étalage dans la rue même, il a fallu abriter les voyageurs et les acheteurs contre les intempéries. Les grands cafés, luxueusement transformés, ont aussi, envahi la rue et ne se sont plus contentés des stores et des
rideaux de toile. Aussi la perspective de nos rues a-t-elle changé et voyons-nous s'élever, sur nos grands boulevards et dans nos rues larges, nombre de marquises en fer forgé, en fonte, décorées de carreaux céramiques ou de mosaïques. Il y a donc pour les ferronniers un nouveau champ à exploiter et des sujets de composition très variés et très intéressants à étudier.

Marquise en fer forgé

Sans transformer le dessin original de la marquise en fer forgé, que nous prenons comme sujet d'étude, nous l'avons disposé en vue de la construction. Le petit campanile qui surmonte cette marquise, avec le coq et la rose des vents, la désigne plus spécialement pour une maison de campagne. Sans nous arrêter à ces détails d'esthétique pour le moment, nous allons passer en revue diverses parties relatives à la construction.
Sur le côté droit de notre dessin, nous avons donné l'élévation et le plan de la marquise; nous avons également indiqué les dimensions des différents fers à employer pour faire un travail en même temps solide et élégant. Le bandeau qui orne le cintre est composé de carreaux en céramique. Tout autour du cintre et intérieurement, court une décoration en fer forgé, dont nous donnons également le dessin de détail, sur lequel on remarque facilement les assemblages et les dimensions des différents fers à employer. Enfin, les assemblages des fers du faîtage sont soigneusement indiqués.
Nous donnons également, à gauche de notre dessin, la vue de côté de la marquise avec la console. La frise qui orne le bord inférieur de cette console est composée d'une rangée de feuilles de trèfle à cinq branches entourées d'une anse de panier. Cette feuille, découpée dans une tôle un peu épaisse, légèrement modelée, vient se rapporter au moyen d'une rivure sur la pièce qui doit la recevoir, comme l'indique le dessin de détail sur le côté droit inférieur de notre planche.
Cette marquise en fer forgé, de construction assez simple, est cependant de forme élégante et
répond parfaitement à sa destination. Nous n'insistons pas davantage sur les détails de construction qui sont suffisamment indiqués sur notre planche et qui peuvent, du reste, être quelque peu modifiés par ceux qui voudront exécuter une semblable marquise.

PROJET DE GRILLE EN FER FORGÉ

fer forgé
Tout d'abord, dessiner l'épure de grandeur d'exécution sur une feuille de tôle, par des tracés au blanc, de manière à pouvoir présenter son fer chaud, s'il est nécessaire.

2° Établir en dimensions de longueur la coupe ou les coupes des fers à employer.

3° Dresser et dégauchir tous les fers, de manière à obtenir un montage bien droit et bien d'aplomb.

4° Poursuivre par le tracé des entailles et des mi-fer indiqué par la lettre H de notre planche. A cet effet, réunir les trois montants qu'indiquent les lettres A A A, en ayant soin de les appliquer l'un contre l'autre sur l'épure dressée,comme nous l'avons dit plus haut, de grandeur d'exécution, en reportant les traits avec l'équerre à chapeau; opérer de même pour les. traverses B.

Ces détails divers achevés avec toute la régularité voulue, il ne s'agira plus que de pointer l'axe des fers pour l'indication des trous qui guideront le foret à repos : les dits trous serviront à l'assemblage des châssis et des rosaces embouties.

Pour cette liaison des fers, nous dirons que le trou de foret servant à l'assemblage à mi-fer, lettre G, sera percé à 18 millimètres si la pièce a 20 millimètres, au moyen nous le répétons, du foret à repos qui déterminera la profondeur exacte du trou à percer pour la préparation de l'entaille.
Cette opération terminée, il ne restera plus qu'à faire tomber les angles pour obtenir le mi-fer indiqué par la lettre H.

Ces détails d'exécution de travail doivent intéresser l'ouvrier ferronnier qui, ne possédant pas l'outillage des grands ateliers, doit y suppléer par son initiative et son propre talent.
Ces diverses opérations se font le plus souvent à l'étau-limeur dans l'industrie appliquée à notre art.

5° Les mi-fer étant ainsi préparés, l'ouvrier peut procéder à l'assemblage des châssis qu'il arrêtera provisoirement dans l'attente du remplissage.

6° L'exécution de la palmette E, en fer de 14 millimètres, sera apprêtée à la forge ou au burin, pour former le gland en forme de pointe de diamant, lettre I. Cette pointe, ainsi préparée, sera aplatie à la forge par l'ouvrier qui emploiera d'abord la bouche de son marteau, ensuite la panne, pour obtenir la forme de son épure, lettre K. Cette opération préalable terminée, le travail restant à faire s'obtient à froid : la division de la rosace d'un coup d'angle de lime, la gravure du centre, d'un coup d'outil presque coupant appelé traçoir. Puis il sera procédé à l'arasement de l'extrémité, pour la mettre de longueur; on percera un trou en-bout pour le passage de la traverse et un autre de côté pour la fixation des volutes.

7° La volute D, en fer de 14/5, peut s'obtenir à froid vu la terminaison des bouts et l'élasticité relative du fer de ces dimensions, en se servant du faux-rouleau.

8° La pointe F, en fer de 14 millimètres, doit être forgée et contre-forgée, de manière à être étirée. Cette opération délicate nécessite quelques observations indispensables.

Le fer employé n'étant pas toujours de première qualité, il est utile, pour exécuter une pointe comme l'indique notre dessin, de le faire ressuer à chaque chaude; et, pour l'étirer, le contre-forger, c'est-à-dire ne donner, sur la bigorne ronde, qu'un seul coup de marteau sur chaque face, jusqu'à ce qu'il soit suffisamment étiré pour réunir les dimensions voulues.

Après cette opération préliminaire, l'ouvrier dressera son fer sur la table de l'enclume par des coups de marteau régulièrement appliqués. Nous ajouterons, pour être mieux compris encore, que, pour obtenir avec réussite ce travail de pointes, deux chaudes doivent suffire: 1° En admettant que le fer soit d'excellente qualité, l'ouvrier n'a qu'à épauler la base de là pointe à la forge pour former un tenon; 2° s'il est de qualité douteuse, il n'aura que le choix d'en rapporter un au moyen d'un fil de fer brasé qu'il rivera sur la volute.

Enfin, toutes les pièces étant complètement ouvragées, l'ouvrier ferronnier n'aura plus qu'à procéder à leur assemblage dans le châssis en traçant les trous devant servir au montage de l'ensemble de l'œuvre,qui sera fait au moyen de vis, clous-rivets à pointe de diamant, etc.

9° La rosace qui, dans notre étude, est tirée de l'imitation de la feuille du mûrier noir, sera exécutée en tôle de 1 millimètre d'épaisseur, emboutie d'un coup de bouterolle sur pièce de plomb, réglée et finement martelée. Elle sera fixée ensuite par un clou rond qui servira à relier l'ajustage des mi-fer.

FORGER UNE TÊTE DE BOUC

Une vidéo très intérréssante sur la façon de forger une tête de bouc, avec aussi le tutoriel en image sur le site de l'auteur.
Bon petit travail de fer forgé à réaliser, pas très compliqué et très plaisant.
Le lien pour le tutoriel de cette tête en fer forgé est http://www.23iron.com/english/aboutus/tech/making_photo.html

LE REPOUSSÉ AU MARTEAU (Suite 3)

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                       Le repoussé et le relevé au marteau
                       Outils pour le repoussé au marteau

Nous avons, dans nos précédents numéros, fait un rapide exposé de la façon dont devait être compris le repoussé au marteau dans la fabrication des ornements, fleurs ou fruits, culots, etc. Après avoir donné la nomenclature des divers outils employés, nous avons étudié la découpe à plat, puis le repoussé lui-même, et enfin nous avons donné quelques modèles assez simples sur lesquels il est facile d'appliquer les principes énoncés. Beaucoup de détails d'exécution restent encore à apprendre pour arriver à une connaissance aussi parfaite que possible de celte délicate partie de notre métier de ferronnier. Aussi croyons-nous rendre service à nos jeunes confrères en insistant encore sur l'emploi de différents outils, pour arriver à certaines finesses. Nous allons donc prendre un nouveau sujet d'étude plus compliqué, dont l'application sérieusement faite peut conduire à des résultats appréciables et permettra d'entreprendre des travaux d'une certaine délicatesse.
Culot en tôle repoussée
Détails   d'exécution

Notre sujet d'étude comporte, comme le représente la figure 1, un culot à quatre faces, modelé de tous côtés. La figure 2 nous donne la moitié de la découpe à plat. Les procédés d'exécution pour le modelage et le planage sont ceux que nous avons déjà exposés. Nous dirons même qu'il est plus facile de tourner un culot à quatre feuilles qu'un culot à deux feuilles; mais il faut toujours que chacune des quatre faces soit complètement terminée avant que de tourner le culot pour arriver à son état définitif.
La figure 3 présente une sorte d'état intermédiaire, le culot en applique, c'est-à-dire assemblé en deux parties. Il y a évidemment des cas qui obligent à l'obtenir ainsi. Les refends qui sont en saillie sur le contour ne peuvent s'obtenir qu'en deux parties. La difficulté dans l'exécution se trouve ainsi de beaucoup diminuée. Les ornemanistes des XVII° et XVII° siècles procédaient presque toujours ainsi; les ornements étaient rapportés en applique sur les volutes. La figure 4 donne la découpe à plat de ce genre de culot.
Nous profiterons de cette étude pour faire comprendre le maniement de la tranche et donner un aperçu du travail qu'on en peut obtenir. Cet outil, qui sert à profiler les côtes des feuilles, joue un grand rôle dans le relevage au marteau. Pour la description de cet outil, nous prions les lecteurs de se reporter à la nomenclature des différents  outils de relevage, que nous avons faite précédemment.
La figure 5 nous donne une vue d'ensemble de la tranche prise dans l'étau, sur laquelle on place la feuille à modeler. Pour bien faire comprendre la partie délicate de l'emploi de cet outil, nous avons représenté sur la figure les positions que doivent avoir, les uns par rapport aux autres, le marteau, la feuille du métal et la tranche. On remarquera que la tranche et le bec du marteau ne se trouvent pas sur la même verticale, ce qui explique qu'en frappant avec le marteau, comme nous l'indiquons sur la figure, une partie de la tôle descend et l'autre remonte, afin de donner plus de netteté aux côtes. La main gauche qui maintient la tôle sur l'outil doit disposer de l'index pour servir de guide sous la tôle et contre la tranche, afin de bien préciser l'endroit où doit être donné le coup de marteau, qui, maladroitement appliqué, pourrait faire couper la tôle.
Ces simples indications suffisent à faire voir qu'il n'est pas très aisé pour un débutant de se servir de la tranche; ce n'est qu'après une longue expérience qu'on peut se rendre maître de cet outil qui est indispensable et sert à obtenir certaines lignes avec une assez grande souplesse.

GRILLE D'ASCENSEUR EN FER FORGÉ

Si les progrès dé la science nous ont enlevé de par la fabrication mécanique une grande partie de nos travaux, elle peut aussi, dans les inventions qui contribuent à restreindre nos fatigues de plus en plus grandes et plus nombreuses, amener des sujets de décoration où le fer forgé aura de multiples occasions d'être mis à contribution. Je veux parler des ascenseurs et des grilles qui devront, à chaque étage de nos grandes casernes, en défendre l'entrée pour éviter les accidents. Au rez-de-chaussée de chaque maison, nous verrons bientôt apparaître, à côté de la rampe de l'escalier, ce que l'on appelle la grille de l'ascenseur qui, suivant la place qui lui sera réservée par l'architecte, pourra contribuer à embellir le vestibule; il est certain que dans beaucoup de maisons anciennes, dont la cage d'escalier n'a pas été aménagée pour recevoir un ascenseur, il ne sera guère possible d'en construire un sans obtenir un effet disgracieux. Le grand défaut qui se présente au point de vue de l'esthétique, dans ce nouveau moyen de locomotion, est celui que l'on peut également relever dans toutes les conceptions mécaniques et purement utilitaires, c'est celui de ne pas faire corps avec la construction elle-même et d'avoir été jeté par hasard dans un milieu architectural qu'il dépare. Il serait à souhaiter que le centre de la maison, réservé aux locataires pour gravir les étages, comprît une distribution plus raisonnée, en même temps que plus ornementale.
Grille d'ascenseur en fer forgé

En particulier, la grille d'ascenseur ne doit pas être une simple clôture composée de barreaux de fer, plantée au milieu du vestibule. Par la gracilité de ses formes et l'harmonieuse disposition de ses motifs d'ornementation, cette grille doit paraître gaie et ne peut ressembler à la porte d'une cellule qui se referme sur le visiteur, comme une porte de prison sur un malfaiteur. La grille d'ascenseur qui fera le sujet de cette étude, nous paraît être un des plus gracieux modèles qui aient déjà été faits.
L'auteur, M. Miroux, a été fort bien inspiré. L'aspect général de sa grille, tout en paraissant très simple, est d'une belle élégance; la grande légèreté de l'ornementation et la sobriété des motifs donnent un charme tout particulier à son oeuvre. Le plus grand compliment qu'on puisse faire à ce jeune artiste, c'est de lui dire que son dessin est bien personnel et ne relève d'aucun style ancien. Je pourrais peut-être
affirmer qu'il a subi des influences comme celles de l'architecte belge, M. Horta, ou plus directement encore celles de M. Guimard. Mais il a su dégager des principes nouveaux, que ces deux artistes cherchent à vulgariser, une manière qui lui est bien propre et qui me paraît plus charmeuse et surtout plus française. Il ne s'est pas contenté, en effet, de restreindre son ornementation à l'enchevêtrement de lignes courbes, divisant le plan du décor en surfaces aux contours étranges. Ses lignes sont pour ainsi dire assagies, tout en produisant un effet très nouveau et original. Ces lignes, qui ne relèvent d'aucune architecture, ne paraissent pas trop nerveuses, et ont une apparence assez calme. La courbe qui prend naissance dans le bas de la porte, pour se terminer par une courbe régulièrement arrondie dans sa partie supérieure, est une jolie trouvaille.
Les deux montants extrêmes se terminent chacun par une gerbe de fleurs, disposées par l'artiste, de sorte qu'elles puissent supporter des lampes électriques. L'ensemble du projet, au point de vue artistique, est donc d'une bonne venue; il a, en outre, le mérite d'avoir été conçu de telle sorte que l'exécution en fer forgé en soit très facile, remarque qu'il est très juste défaire, car bien souvent un artiste, et surtout
les jeunes élèves des écoles, laissant aller leur imagination,: crayonnent des projets qui sont de jolis petits tableaux, mais qui ne sont pas conçus en vue de l'exécution et qui doivent être retouchés pour être réalisables.
Pour conserver a la grille toute sa légèreté, les fleurs et les feuilles doivent être en fer forgé, étirées dans la masse et non rapportées au moyen de rivures. La reproduction donne le dessin de détail de ces feuilles, fleurs et graines. Toutes les parties préparées et mises en place, il ne restera plus que le montage, qui représente peu de travail et est fort peu compliqué. Pour permettre de construire facilement cette grille, nous avons également désigné dans une légende les dimensions de tous les fers. Il sera donc très aisé, avec tous ces éléments, de faire une grille d'aspect nouveau, d'architecture très simple, et qui remplira parfaitement le rôle auquel elle est destinée.
Grille d'ascenseur en fer forgé.
Composition de M. MIROU élève de l'École nationale des Arts décoratifs.
Élévation et détails d'exécution.

LE REPOUSSÉ AU MARTEAU (Suite 2)

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                       Le repoussé et le relevé au marteau
                       Outils pour le repoussé au marteau

Après avoir étudié les différentes feuilles employées dans l'ornementation du fer forgé, nous croyons devoir encore insister sur certains détails de construction, afin de bien faire comprendre comment on peut arriver, même dans les modèles les plus simples, à une certaine perfection; perfection qui ne peut s'obtenir que grâce à une grande habileté de main, jointe à l'observation de certains principes que nous avons déjà exposés et sur lesquels nous nous permettrons de revenir, en donnant un nouvel exemple d'exécution d'une feuille tournée en culot.
Prenons encore comme modèle la feuille d'eau, dont nous avons étudié la découpe à plat dans notre précédent numéro. Elle nous servira d'ornement pour l'exécution du culot que représente la figure 1. Ce culot se compose d'une feuille d'eau fixée sur une boule terminée par une queue de cochon, de deux volutes très simples réunies par un collier, entre lesquelles prend naissance une graine qui forme l'extrémité du culot.

 Culots en tôle repoussée.—Détails d'exécution

 La figure 2 nous donne la forme que doit prendre la lame de fer employée à la découpe à plat de la feuille d'eau. La figure 3 nous montre la feuille modelée et prête à être tournée pour former le culot supérieur. Pour obtenir ce premier état, il n'y a aucune difficulté; on procède suivant les indications que nous avons données en détail dans notre dernier numéro. Le travail difficile consiste à ramener les deux parties symétriques de la feuille autour de sa partie centrale pour obtenir la forme définitive, telle qu'elle est représentée sur la figure 1.
Pour arriver au résultat désiré, on place le feuillage sur un tas en plomb et on frappe dans la partie centrale avec un marteau à boule ronde, comme il est indiqué sur la figure 6. En procédant ainsi, il se produit inévitablement une sorte de pli dans la partie évidée du métal; c'est ce que nous appelons, en terme de métier, un œil, qu'il faut bien entendu faire disparaître. C'est une petite difficulté à vaincre et qui se présente surtout lorsque le culot est assez profond, comme dans le cas qui nous occupe. Il faut, pour obtenir un culot parfait, marteler le métal sur toutes les faces afin d'obtenir une cavité aussi régulière que possible. Plus souvent aussi, on fait le culot en deux parties, que l'on soude ensuite; mais quand le travail se trouve enlevé et martelé d'une seule pièce, il est beaucoup plus intéressant.
Dans notre figure 1, nous avons un deuxième culot, qui offre moins de difficulté dans son exécution que le premier, vu son peu de hauteur. Il est bon cependant, lorsque l'on a obtenu la découpe de la figure 4, de lui imprimer la première forme de la figure 5, et de terminer les côtes et le modelé avant que de chercher à le ramener à sa forme définitive. On se sert du marteau à boule ronde et du tas en plomb, comme dans le cas précédent. La pureté du contour s'obtient au moyen du planage, sur un tas rond.
A propos du planage, nous ferons remarquer, pour les débutants, qu'il faut s'appliquer à donner tous les coups de marteau sur une même ligne de façon à gagner du métal et à obtenir, avec un morceau de fer de dimensions données, un ornement de surface plus étendue; ou plutôt en procédant ainsi, on arrive à travailler le fer, comme un métal élastique. Les détails peuvent être plus nombreux, et, par la souplesse du coup de marteau, on arrive à plus d'élégance. Au point de vue du coup d'œil, nous trouvons qu'il est préférable de laisser paraître, dans une juste mesure, bien entendu, tous les coups de marteau en les étalant bien sur les parties modelées, plutôt que de les effacer en polissant le métal et en le rendant brillant. C'est là une des ressources de notre métier, qui donne un charme tout particulier à certains travaux d'ornementation. Mais ce n'est qu'après une longue pratique, que l'on peut se permettre ces délicatesses de métier.

LUSTRE EN FER FORGÉ POUR ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE

Ce lustre se compose de quatre branches principales, disposées symétriquement autour d'un montant central; chacune d'elles se termine par des bouquets de trois lampes à l'extrémité supérieure et de sept lampes à l'extrémité inférieure; le nombre total des lumières est donc de quarante.
 
 Lustre en fer forgé.

 La hauteur de ce lustre est de 1m3o, et le diamètre du cercle extérieur est de 1 mètre. La projection horizontale des deux circonférences concentriques, autour desquelles sont disposées les ampoules électriques, est reproduite
sur la figure 1 ; les lumières sont groupées en B, C et D. Le cercle supérieur sur lequel viennent se réunir les quatre branches du lustre est projeté en E.
Les quatre rayons ou traverses sont en fer creux et recouverts d'une fourrure mobile qui permet de placer sans difficulté les fils. L'un d'eux est figuré en F. Le cercle E est également creux, comme l'indique la coupe G; c'est à l'intérieur de ce cercle que passent les fils qui doivent alimenter les lampes B et C. Les quatre rayons F sont fixés, à l'une de leurs extrémités, à la tige centrale, sur une embase moulurée et profilée suivant la figure 2, et, à l'autre extrémité, sur l'embase dont la coupe est dessinée en H.
La place occupée par les fils est indiquée sur le rayon par deux traits noirs et sur la coupe de l'embase par deux cercles également noirs. En I est dessiné le plan de l'embase qui se trouve à l'extrémité de chacune des branches principales représentées par la figure 3. Ces branches prennent naissance sur le montant central ou axe du lustre; elles sont reliées entre elles par l'embase K.
Leur décoration se compose à leurs extrémités inférieures de deux feuilles soudées à une graine, contournant un bouton en torsade qui termine le lustre; trois autres feuilles sont disposées le long de l'arc que chacune d'elles décrit. A l'extrémité qui s'appuie sur le cercle extérieur, les branches prennent la forme d'une crosse et donnent naissance à trois bouquets renfermant les ampoules électriques.
Ces branches sont fixées et ajustées sur l'embase I par des pattes coudées en équerre et au moyen de vis à métaux, comme nous l'indiquons sur la figure L. Les fils des trois lampes passent dans les tubes dessinés en M. Chaque ampoule est enveloppée par quatre feuilles soudées sur le tube, comme on peut s'en rendre compte sur notre figure N.
Les branches principales et les motifs de la frise qui court tout autour du lustre se relient sur des montants secondaires par des embases; celles-ci sont garnies de fleurons dont nous donnons la reproduction sur la figure 5.
Ces branches qui donnent naissance aux fleurs renfermant les ampoules de la partie supérieure du lustre se réunissent au sommet de celui-ci, sur une embase en forme de chapiteau. Ce dernier est surmonté d'un fleuron dont nous donnons les détails d'exécution en Q, R, S, T. Les feuilles qui le composent doivent être embouties dans leur forme définitive avant d'être soudées sur la tige centrale. Lorsque la soudure a été faite, les unes sont relevées pour former le culot de la figure A et les autres sont ramenées à leur place suivant le dessin S.
Les quatre branches principales sont réunies au montant central par des consoles ornées de fleurs, dont l'une est représentée sur la figure 9. Le détail d'exécution des fleurs de cette partie du lustre est dessiné en U.
Immédiatement au-dessus de ces consoles se trouvent les chimères, de la gueule desquelles s'échappent les lumières supérieures. Elles passent entre deux motifs en forme de trèfles et font suite aux branches qui portent le chapiteau. Les fils électriques partent de l'embase supérieure, traversent l'embase qui se trouve immédiatement au-dessous de la chimère et suivent le contour de la volute, pour aboutir enfin aux trois ampoules. Le passage de ces- fils a lieu dans des tubes analogues à ceux de la figure M.
Le plan de l'embase qui se trouve au-dessous du fleuron est figuré en Y. Les coupes de tous les fers employés à la construction de ce lustre sont représentées en Z. Le parcours des fils est indiqué sur la figure 12.

LE REPOUSSE AU MARTEAU (suite)

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                      Le repoussé et le relevé au marteau
                      Outils pour le repoussé au marteau

L'ornement dont nous allons étudier les différentes phases de transformation est ce que l'on appelle, en terme de métier, la feuille d'eau. Elle est très variée dans ses formes et son modèle; nous la prendrons enroulée sur elle-même, affectant le dessin d'une volute très contournée.


La figure 2 représente la feuille de tôle, de 12 dixièmes de millimètre d'épaisseur, découpée à plat. Le premier travail consiste à obtenir la naissance de la feuille dont la coupe est dessinée à la figure 4; on se sert pour cela d'une forme enfer de la dimension voulue, sur laquelle on rabat les bords de la feuille en les coudant. Puis on continue à cintrer la feuille suivant la coupe de la figure 5. Pour courber la feuille et lui faire prendre la forme de la figure 1, on opère sur un tas serré dans un étau, comme il est indiqué à la figure 6. Il faut avoir soin de frapper avec le marteau à tranche d'une façon bien égale et avec la même force sur les deux bords de la feuille; car si le métal est mal étiré, il devient mince et risque de gercer avant que l'on ait pu obtenir l'enroulement voulu.
Il faut avoir soin de bien conduire le départ, afin de laisser à la feuille un profil irréprochable sans fausses courbes, ni cassures; une ligne pure rachète à notre avis un modèle médiocre. La découpe ou dentelure doit se faire lorsque la forme a été obtenue. Celui qui possède déjà une certaine sûreté de main peut commencer par faire la découpe. Dans ce-cas, il est nécessaire de prendre certaines précautions, afin
d'empêcher la feuille de cintrer trop vite dans les parties évidées, ce qui donnerait alors naissance à ce que l'on appelle des jarrets ou cassures, qu'il faut avoir soin d'éviter. Les refaits sont relevés en relief d'une façon assez accusée et leurs bords sont sensiblement retroussés.

GRILLE EN FER FORGÉ DE L'HOTEL-DIEU, TROYES.

 A côté des productions modernes delà ferronnerie, il est bon de faire voir aussi les belles oeuvres du passé, qui seront toujours pour nous un sujet d'études très fructueux. Parmi les belles grilles en en fer forgé du XVème siècle qui nous ont été conservées, celle de l'Hôtel-Dieu de Troyes est une des plus remarquables. L'imposante composition et la richesse des ornements en fer forgé du fronton attestent une fois de plus la magnificence de l'Art à cette époque. Les panneaux de la grande porte, composés de barreaux sans ornementation dans toute leur longueur, se terminent par une fine dentelle ajourée qui sert à les relier à la profusion des détails de la partie supérieure. Tout est combiné en vue d'un effet de noble grandeur dans ce merveilleux spécimen de notre art du fer forgé, dont nous devons nous efforcer de maintenir bien haut la renommée.

Grille en fer forgé de l'hôtel-dieu à Troyes

LE RELEVÉ AU MARTEAU FEUILLAGES STYLISÉS

Nous avons fait avec quelque détail une étude du relevé au marteau et de la description de l'outillage; nous avons passé successivement de l'étude d'une feuille découpée à plat aux différentes stylisations des fleurs et des feuilles. Nous sommes amenés tout naturellement, après avoir étudié séparément chacune des parties ornementales tirées de la nature, à consacrer un chapitre à un essai de composition dont les éléments sont tout entiers pris dans la plante.
On nous permettra, avant d'entrer dans notre sujet et de faire voir comment, en s'inspirant de la branche naturelle représentée à la figure 1, on est arrivé à la conception de la figure 2, on nous permettra, dis-je, un court préambule, dans lequel nous nous efforcerons d'attirer l'attention des ferronniers sur certains non-sens auxquels quelques-uns se laissent trop facilement entraîner. Car il arrive fréquemment que celui qui fait une composition de fer forgé s'égare et, au lieu de suivre le chemin naturel, fait des soubresauts, revient sur lui-même et embrouille par conséquent le dessin. Avec un peu d'attention, ces erreurs peuvent être évitées. Il faut admettre en principe que tous les éléments qui servent à la composition ornementale du fer forgé doivent être puisés dans la flore. Et ceci est très logique,
car le fer se travaille en longues barres de différentes dimensions, rondes ou carrées, et jamais ne se présente sous des masses larges et étendues. L'interprétation directe de la nature s'impose donc pour le fer forgé. Quels pourraient être, en effet, les autres éléments à étudier?
De même que la nature a ses lois immuables et dirige la croissance des plantes toujours selon les mêmes lois, l'artiste lui aussi doit se soumettre aux mêmes principes.
Les branches d'un arbre suivent la direction du tronc, c'est-à-dire poussent de haut en bas; les différents rameaux à leur tour donnent naissance aux feuilles et aux fleurs, qui s'élancent toutes dans la même direction. Le tout est en équilibre parfait et ne choque jamais le regard par des anomalies ou des contresens, ce qui indique qu'en décoration architecturale tout ornement formant rinceau ou volute doit avoir un point de départ et une direction qu'il faudra toujours suivre. Pour bien faire comprendre notre pensée, nous, avons représenté sur notre figure 3 un rinceau avec un point de départ identique à celui de la figure 2, et sur lequel prennent naissance les différents rinceaux, mais qui se dirigent à contresens. Il en est de même des feuilles qui sont disposées absolument au hasard.
Nous croyons devoir insister sur ce point, car, de nos jours, où l'on se soucie fort peu de respecter les principes établis et parfaitement en accord avec les règles de l'esthétique, de pareilles erreurs se rencontrent très souvent, alors que dans les ornementations anciennes, ces fautes de composition se voient rarement.

La figure 1 représente une branche naturelle de la plante appelée concombre ; à droite et à gauche de cette branche est dessinée, avec plus de détail, la fleur sous ses deux aspects au moment où elle est dans tout son éclat et quand elle se gonfle par la base, perd ses pétales et donne naissance au fruit. Cette plante présente des éléments assez variés et assez divers pour qu'en interprétant heureusement chacune de ses parties, on puisse obtenir toute l'ornementation qui se trouve dans le balcon de la figure 2.

 De la branche centrale, sur laquelle prennent naissance les feuilles, les fleurs et les fruits, partent des sortes d'excroissances, appelées brindilles, longues tiges fines et arrondies, qui s'enroulent en spirale et fournissent un sujet de plus à interpréter. Ce genre d'ornement est, on le remarquera du reste, fort souvent employé par les ferronniers. La fleur, très élégante de forme, rappelle dans ses lignes générales la fleur de lys et fournit également un motif intéressant.
Dans le balcon représenté à la figure 2, on remarquera que tous les ornements frises, motif central et remplissage sont dérivés des différentes parties de la branche de la figure 1.
  Le centre de la composition, formé par des volutes appelées C ou anses de panier, est occupé par cinq motifs, s'échappant du culot central, inspirés par la fleur fermée, non encore en plein épanouissement. A leur point de contact supérieur, les deux volutes sont surmontées d'un motif tiré du fruit mûr. Le médaillon est entouré d'une branche composée des feuilles du concombre, entre lesquelles on a intercalé deux petits rinceaux, qui servent de point d'appui pour la fixation entre elles des différentes pièces du motif central. La frise supérieure qui court tout le long du balcon est conçue avec les mêmes éléments que la branche dont nous venons de parler.
Quant au remplissage, auquel nous avons exactement appliqué les règles que nous avons exposées pour la direction des différents motifs qui s'échappent de la branche principale, il est tout entier composé par les diverses parties de la fleur du concombre stylisée. Nous y retrouvons la fleur épanouie, la fleur naissante, de laquelle s'échappent des brindilles, et la fleur au moment où elle va donner naissance au fruit.
Il ressort donc, en examinant attentivement cette composition qui nous a servi d'exemple, que les éléments seuls d'une plante, bien étudiés, coordonnés avec bon sens et selon les principes indiqués, peuvent servir à faire de l'ornementation, et cela sans demander aux styles anciens des modèles. L'interprétation d'une plante, habilement dirigée, fournit toujours des effets très différents et ayant tout leur charme propre, suivant le tempérament et l'éducation des artistes. Il est à souhaiter que la fleur stylisée se répande toujours davantage. . . .

LE REPOUSSÉ AU MARTEAU

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                       Outils pour le repoussé au marteau

Nous avons donné l'énumération des principaux outils et nous avons indiqué pour chacun d'eux l'usage qu'on peut en faire. Mais il est évident que plus un repousseur se sent maître de ses moyens, plus il cherche la difficulté dans l'exécution : de nouveaux outils qu'il fabrique lui-même, et à sa main lui sont alors nécessaires. C'est à l'ouvrier adroit à compléter son outillage suivant ses besoins. Certains marteaux, par exemple, peuvent avoir de 15 à 18 centimètres de longueur, afin de permettre à l'ouvrier d'emboutir les culots et d'atteindre les profondeurs qu'il rencontre dans certains ouvrages.

Une des qualités du marteau est d'être légèrement cintré, de façon que les coups soient portés bien d'aplomb; il faut aussi l'évider pour le rendre léger, tout en ayant soin, cependant, de lui conserver toute sa solidité. Il est assez difficile de bien ajuster la boule et la panne d'un marteau, car dans le cas d'un ajustement mal fait, la panne peut laisser des traces sur la tôle. La trempe des marteaux se fait au rouge sec, sans recuit; les différents aciers demandent, il est vrai, à être traités de façons diverses.
Pour emboutir sous le marteau, on fait usage d'un, tas en plomb ou bien de formes en bois ou en fer.
Pour obtenir la reproduction d'un ornement par le repoussé au marteau d'après un plâtre, on procède par simple jugé; la découpe, c'est-à-dire le développement en surface plane de l'ornement, ne peut être faite et établie exactement par un ouvrier, que si celui-ci a déjà une longue pratique de ces genres de travaux. Le premier développement que l'on obtient n'est pas souvent très satisfaisant et ce n'est quelquefois qu'après plusieurs tâtonnements que l'on arrive à la forme voulue et définitive.
Si, au contraire, le modèle proposé est un dessin, on peut procéder méthodiquement comme nous allons l'indiquer. Supposons que la feuille à reproduire soit celle indiquée par le dessin qui occupe le côté gauche de notre figure. On sépare chaque refend par des traits horizontaux tirés à la hauteur de chaque départ des côtes. On obtient, par exemple, les deux lignes horizontales A et B; une troisième ligne parallèle aux deux premières que nous appellerons l'axe, divise l'espace qui sépare les deux premières en deux surfaces égales. Sur le côté droit de notre figure, les deux lignes verticales encadrent la surface du fer que la feuille doit recouvrir. Il est bien entendu que, dans la pratique, toutes les opérations que nous allons indiquer sont faites sur la tôle avec laquelle doit être fait l'ornement.
 Les lignes verticales dont nous parlons plus haut coupent les trois premières lignes horizontales en trois points, qui déterminent l'espace dans lequel on devra dessiner la première partie de la feuille que nous avons couverte de hachures. Pour faire ce dessin, on prend un calque de la partie de la feuille qui se trouve à gauche entre les deux lignes horizontales primitivement menées et on le reporte en le retournant sur la tôle aux points correspondants. On procède de même pour chaque refend. La feuille étant symétrique par rapport à l'arête verticale, il suffit de reporter à droite de cette arête le calque de la partie obtenue à gauche. La surface de la partie qui doit être cintrée, de façon à lui faire prendre la courbe indiquée, est calculée en tenant compte du déplacement que le marteau donne à la découpe pour ramener les refends à leurs places respectives. On relève ensuite sur le papier un dessin de la découpe que l'on obtient en procédant comme nous venons de l'indiquer. Le résultat est presque toujours satisfaisant et permet d'arriver dans la pratique aux meilleurs résultats.
Le travail du marteau se fait alors pour obtenir en premier lieu la forme et le galbe représentés par le dessin. La feuille, jusqu'au troisième refend, est cintrée sur elle même pour obtenir la première courbe indiquée. Ce cintre s'obtient en frappant avec un marteau à boule ronde la feuille de tôle posée sur un tas en plomb légèrement concave. Mais avant de cintrer la feuille, il faut avoir soin d'emboutir chacune des petites parties du refend qui recouvre le corps de la feuille; celle-ci étant cintrée, cette dernière opération est, en effet, rendue plus difficile et plus délicate.
Pour continuer le travail en relevant les côtes, la tranche (outil numéro 16 de notre planche) est prise dans l'étau; puis après avoir disposé la tôle sur cet outil, on frappe à faux sur cette dernière de façon à faire remonter le métal et obtenir la saillie que l'on veut donner à la feuille.

Pour profiler une côte bien droit et sans jarrets, il faut que l'ouvrier ait la main bien exercée. La feuille doit être dirigée sur la tranche de façon que le marteau ne la coupe pas. Lorsque les nervures et les côtes sont terminées, on emboutit les parties qui prennent des formes au moyen d'outils préparés à cet usage. Ces différentes opérations une fois terminées, on plane la feuille suivant le modelé que l'on veut obtenir. C'est à cette dernière épreuve que l'ouvrier qui n'a pas les connaissances suffisantes du dessin, du modelé et de la composition, voit tous ses efforts condamnés à l'impuissance. Si, au contraire, le repousseur possède toutes les qualités inhérentes à son art, ses compositions se distingueront toujours par un ensemble parfait et une belle ordonnance dans les détails.

ÉTUDE DE GRILLE EN FER FORGÉ

La structure des deux grilles en fer forgé que nous donnons en planches hors texte est essentiellement
composée de barreaux de grille assemblés comme on le faisait au XVe siècle. C'est à ce genre d'assemblage que nous consacrons aujourd'hui notre étude du fer forgé.

Ce genre de grille en fer forgé, très en faveur au Moyen-Age, était d'une grande solidité et constituait un excellent moyen de défense. La construction d'une grille ouvrante est soumise à une règle qui s'impose d'elle-même. Le cadre doit être d'une solidité à toute épreuve; on obtient ce résultat en assemblant les montants principaux et les traverses par des tenons ronds, goupillés et rivés.
Pour les deux grilles en fer forgé qui sont l'objet de cette étude, la principale difficulté d'exécution
consiste dans l'assemblage des barreaux au moyen de trous renflés; nous donnons un dessin qui permet de se rendre exactement compte de tous les détails de construction, lesquels doivent être observés avec la plus grande précision afin d'obtenir le passage très régulier des barreaux. Nous trouvons dans cette grille des trous carrés sur angle et des trous carrés de face, dont le simple effet d'opposition offre un intérêt assez remarquable. Tout ce travail a été exécuté à la forge, comme on le faisait au XVe siècle.
De nos jours, l'usage des trous renflés est plus restreint et il est peu de serruriers qui, maintenant, se donnent la peine de faire un tel travail à la forge. Les trous renflés sont, en général, obtenus au poinçon à la raboteuse; il ne reste plus qu'à souder les barres de fer à la longueur voulue. L'emploi en est encore assez courant dans les grilles en fer forgé, mais les trous sont plus souvent sur plat que sur angle.
Pour obtenir des trous renflés sur angle et à la forge, le fer, à l'endroit où l'on doit faire les ouvertures, est refoulé suffisamment pour qu'on retrouve la matière nécessaire à ramener les angles puis, avec un outil en forme de langue de carpe, on débouche un trou allongé et on chasse la matière de chaque côté du trou sans l'affaiblir; on refoule ensuite le trou en rond de façon à laisser le passage au mandrin pour ramener les angles du fer. On obtient encore plus de netteté en faisant passer les faces du trou renflé dans une étampe.
Les trous sur face sont obtenus de la même manière, mais avec moins de difficulté.
Pour les grilles en fer forgé, comme celles de l'église de Cléry, dont les traverses présentent alternativement des trous à face et des trous sur angle, une grande partie du travail se fait
à la tranche à chaud.

POTENCE EN FER FORGÉ SERVANT D'ENSEIGNE DE SERRURERIE

Au moment où l'Art décoratif, à pas lents, il est vrai, mais sûrement, prend place à côté du grand art,
rivalise avec lui, le dépasse souvent et n'est plus appelé art inférieur ou art moyen que par quelques uns,
dont les errements sont aussi connus que leurs productions sont ignorées, on ne saurait rester impassible
devant toutes ces innovations curieuses, habiles, intéressantes au premier chef, souvent éclatantes et
toujours neuves, que des artistes, dévoués à la cause de l'Art appliqué à l'Industrie, mettent sous nos
yeux, dans la rue, comme dans nos maisons, dans les boutiques, comme dans nos salons. Tous les objets
usuels prennent une forme artistique, sont d'une décoration propre à leur destination, d'un arrangement simple et élégant, assouplissant l'œil à des gammes de tons, des harmonies de couleurs nouvelles. Toutes ces merveilles sont vendues dans des boutiques, bien entendu. Mais quelles boutiques! de vraies boutiques, de vraies horreurs pour la plupart!
N'est-il pas temps de signaler cette anomalie, de crier au scandale et de rompre avec cette monotonie affadissante, laide et écœurante Toutes les petites façades de nos magasins qui devraient égayer nos rues, agrémenter leurs perspectives et donner à nos boulevards un aspect moins bazar, sont trop souvent d'une architecture banale, sinon grotesque. On n'y découvre rien de pittoresque, d'artistique et de vraiment décoratif; quelques-unes seulement donnent la note gaie, mais pour combien d'autres qui forment des taches voyantes, d'aspect tapageur et raccrocheur ! Le bizarre, l'étrange, le burlesque, l'excentricité, tout cela n'est pas de l'originalité et ne saurait la remplacer.
Que de merveilles de goût ne pourrait-on créer, si le boutiquier voulait de la devanture de son magasin et de l'étalage de sa marchandise faire un ensemble élégant, gai, pimpant, aimable, où tout serait coordonné suivant les couleurs, les formes, les dimensions, les qualités pratiques ou artistiques des objets exposés ! Tout cela est à créer. D'heureuses tentatives ont été faites; qu'elles soient suivies d'autres, nous n'en doutons pas, mais quand? ...
Puisque nous sommes entrés- dans toutes ces questions de boutiques, n'en sortons pas sans parler aussi des enseignes. Ici encore nos boutiquiers sont inférieurs et peu spirituels; leurs ancêtres, qui savaient tous un peu de latin (de cuisine ou de boutique), donnaient à ce mot sa vraie signification. Enseigne veut dire marque distinctive, preuve d'authenticité et de vérité. Aussi les bons marchands des temps passés attiraient les regards, occupaient l'attention du passant par des enseignes peintes ou sculptées, parlantes, allégoriques, symboliques, énigmatiques, quelquefois aussi saugrenues et presque toujours spirituelles. C'est au moyen âge surtout que toute cette floraison de potences, de lanternes, d'enseignes en fer forgé, suspendues sur la tête des passants, eut son plus beau temps.
Les jours d'orage le vent sifflait au travers de toute cette ferraille lancée contre les murailles, engendrait une musique criarde et assourdissante pour faire cortège aux passants. On était bien forcé de les remarquer, de les connaître toutes, ces enseignes, et d'apprendre par cœur l'épigramme, le rébus ou le bon mot qu'elles disaient aux acheteurs. Les rues ne portaient pas encore de noms, les maisons n'avaient pas de numéros. Pour retrouver une boutique, il fallait avoir recours aux idées topographiques, tel marchand avait son étalage auprès de telle tour, non loin de telle église, à cent pas de tel hôtel ou de telle porte; sur l'enseigne on lisait : A l'Épée de bois, A la Truie qui file, Au Pot de fer, A l'Éperon, Au Croissant, A l'Homme armé; ou bien on courait Ait Chat qui pêche, Au Chat qui pelote, A l'Âne qui. joue de la vielle.
Toutes ces pittoresques inscriptions ont servi à baptiser plus tard les rues où elles se trouvaient. La plupart de ces enseignes étaient de petits chefs-d'œuvre en fer forgé. Quelques-unes étaient peintes. Watteau lui-même, le grand Watteau, fit pour une modiste une enseigne toute reluisante, miroitante, éblouissante. La modiste, fit fortune.
C'est la morale des enseignes, Messieurs les boutiquiers. Le fer est appelé à jouer un rôle de plus en plus important dans la décoration moderne, à laquelle il fait subir tous les jours de nouvelles transformations. Les vérandas, les marquises, les grilles, les lanternes, les perrons, les balcons, les rampes, toute cette décoration intérieure et extérieure de nos maisons, constitue pour le ferronnier
un vaste champ à exploiter. Mais à tout il faut un commencement et un exemple, et si nous voulons, Messieurs de notre corporation, tenter un effort et en tirer profit, n'est-il pas juste que nous soyons les premiers à introduire la réforme dans la décoration de nos enseignes?

Nous avons donc voulu aujourd'hui mettre en pratique la théorie que nous avons exposée. Telle que nous l'avons conçue, cette enseigne présente une exécution un peu compliquée; mais on peut cependant mener ce travail à bonne fin, en suivant les indications que nous allons donner. Cette potence est composée d'un cadre en fer carré de 0m16 ou 0m18, suivant son importance ou les dimensions qu'on veut lui donner.

Les quatre traverses, dont les embases forment scellement, sont percées de trous renflés pour le passage des montants.L'extrémité du montant de gauche se compose d'une volute, d'un culot d'une embase et d'une palmette reposant à plat sur le mur. La figure 2 donne tous les détails de construction, le culot formé de quatre feuilles peut être rapporté en tôle repoussée. Mais il est préférable de préparer les quatre feuilles qui le composent séparément, en leur laissant une certaine épaisseur, de façon à pouvoir les souder à chaude portée sur la tige; celle-ci est apprêtée convenablement pour subir la chaude. Les quatre feuilles une fois soudées on taille l'embase dans la masse du fer, si toutefois on a eu la précaution d'en laisser un bloc assez fort sinon, on peut souder une bague à l'extrémité du culot pour le renforcer. La découpe à plat de la palmette, les profils de l'embase et du culot sont exactement dessinés sur la figure 2. Le montant de gauche, la branche qui raccompagne et la volute qui forme console prennent naissance au centre du culot entre les quatre feuilles. Pour obtenir un travail bien net et de belle apparence, toutes ces parties doivent être soudées les unes aux autres et non ajustées.
Sur la figure 4 sont dessinées toutes les pièces qui sont employées dans la composition du fleuron, qui se trouve à l'extrémité inférieure du montant de droite (fig. 3). Autour du bouton central sont soudées les quatre volutes, avec brindilles roulées en corne de bélier qui font corps avec lui. Ce fleuron est fixé au montant, au moyen d'une tige taraudée. Le motif qui fait suite à la traverse inférieure (fig. 5) est composé de deux feuilles et de graines soudées ensemble.
Les feuilles de la grande branche qui accompagne les montants de droite sont modelées et forgées séparément; puis elles sont soudées sur les tiges secondaires, par groupes de trois, quatre, cinq et six, au moyen d'amorces semblables à celles que représente la figure 6. Ces branches secondaires sont elles-mêmes soudées sur la tige centrale.
Fig. 7. — Découpe à plat du cartouche en tôle.
Fig. 8. — Détail de la traverse supérieure qui se termine par une tête dont une des parties du cou de la bête forme console et relie les deux traverses supérieures, toutes les garnitures de l'extrémité de ce barreau sont forgées séparément et soudées deux par deux. Les deux parties qui doivent former le bloc dans lequel on devra tailler la tête sont soudées l'une sur l'autre à plat et taillées ensuite, en les dégrossissant au ciseau à chaud.
La figure 9 représente une crosse d'exécution plus facile que cette tête et pouvant
la remplacer.
Fig. 10- Fleuron qui garnit l'extrémité du montant de gauche. Ce fleuron est
composé d'une pomme torse; de quatre graines, de quatre volutes en fer plat et de
brindilles en fer rond, roulées en Corne de bélier. Pour obtenir là pomme torse, on prépare des tiges de fer rond de la longueur voulue, on leur fait épouser la formé de la pomme, on réunit leurs extrémités par une soudure. Pour obtenir la forme torse,: oh rougit au feu une de ses extrémités, tandis qu'on mouille l'autre; puis on tord la partie malléable. On recommence l'opération plusieurs fois de suite, de façon que la forme torse soit obtenue jusqu'en haut de la pomme. Le dessin que forment les tiges n'est pas toujours très régulier on fait des retouches au moyen de pinces.
Fig. 11- Clefs entrelacées. — Pour les obtenir, le moyen le plus simple et le plus pratique est de les découper dans de la tôle; il n'est pas nécessaire qu'elles présentent un corps arrondi, puisqu'elles sont destinées à être vues de profil.
Fig. 12. — Frise qui supporte l'inscription. — Les différentes volutes qui forment cette frise sont assemblées par des colliers; sur chacune d'elles est soudée une lettre, préalablement forgée bu découpée dans de la tôle. L'S et I'I font corps avec le montant. Entre les deux traverses supérieures, se trouve un panneau rehaussé d'un fer à moulures. Il est destiné à recevoir le nom du serrurier. Enfin le cartouche central peut recevoir les autres inscriptions.

TECHNIQUE DE FORGE

En créant sous cette rubrique forge une sorte de cours de ferronnerie, nous avons eu surtout pour but de donner à nos lecteurs des indications très nettes et très précises sur les cas d'exécution les plus difficiles que l'on puisse rencontrer dans notre industrie. Quelques travaux, à première vue, présentent des difficultés qu'on ne saurait vaincre, semble-t-il, qu'après de longs et pénibles essais. Par les différentes études que nous avons faites, nos lecteurs ont pu facilement se convaincre que toute œuvre, quelque compliquée qu'elle soit, peut toujours être reconstituée quand on établit un plan raisonné et méthodique
de travail. Il faut, comme nous l'avons dit, et nous le répétons, que tout ferronnier ait déjà une grande pratique de notre métier et ne soit pas arrête par des questions de main-d'œuvre pour exécuter certains ouvrages où se trouvent des parties délicates à traiter, autour desquelles rayonnent toutes les autres et desquelles dépend la réussite du travail entrepris. On doit surtout, pour acquérir une.grande habileté, éviter cette tendance de quelques-uns de nos ouvriers à tourner les difficultés par des artifices peu dignes d'un véritable ferronnier; artifices qui sont presque toujours découverts et nuisent à l'effet artistique
du travail. La partie qui n'est pas traitée exactement comme elle doit l'être, c'est-à-dire selon tous les principes de la forge, forme une tache facile à découvrir et qui déprécie l'œuvre, bien quelle puisse présenter de brillantes qualités.
Tout ferronnier, digne de ce nom, ne doit reculer devant aucune difficulté, car il pourrait prendre, l'habitude fâcheuse, en se dérobant systématiquement devant chaque obstacle, de ne plus traiter que des sujets trop simples, ce qui le condamnerait à ne pas progresser et à rester dans une médiocrité certaine. C'est en se raidissant avec une ferme volonté et même de, l'entêtement devant lés difficultés d'une exécution un peu âpre et ardue, que le talent se forment que l'invention, entrant peu à peu dans l'esprit,
devient bientôt une ressource facile et une puissance prête à enlever toutes les situations quelque compliquées qu'elles puissent être. L'œuvre qui laisse au ferronnier des points incertains et délicats à traiter est une œuvre à laquelle celui-ci doit s'attacher avec le plus d'acharnement pour pénétrer tous les plis de sa structure. C'est en se familiarisant avec les difficultés qu'un artiste peut développer ses qualités inventives.
L'objet de notre étude d'aujourd'hui sera une pièce de ferronnerie faisant partie de la collection du Musée des Arts décoratifs. Nous donnons les moyens de reproduire ce motif avec d'autant plus de plaisir qu'il sera loisible à ceux qui l'auront exécuté d'en faire la comparaison avec l'original.
La décoration de cette pièce est empruntée tout entière à la nature; une feuille de chêne stylisée forme toute l'ornementation à la fois simple et pleine de charme. Cet exemple prouve combien les études où la fleur est prise comme point de départ du décor se prêtent facilement à une composition très pure de lignes et, de plus, complètement artistique.




Pour tout œil exercé, la difficulté d'exécution de cette pièce de ferronnerie réside dans le moyen à trouver pour faire passer les différentes branches du rinceau les unes dans les autres. Mais avant d'entrer dans ces détails, nous donnerons les moyens d'exécution et d'assemblage des feuilles qui occupent le centre delà composition.
Les figures 2 et 3 montrent comment sont assemblées les feuilles, préalablement forgées séparément, tout en ayant soin de laisser une côte dans le sens de la longueur et dans la partie médiane, pour leur donner du corps et faciliter le travail des courbes. Réunies par une forte soudure, ces trois feuilles, qui forment l'ensemble de la figure 4, sont destinées à occuper le centre de la composition autour duquel les autres parties doivent se réunir.
La figure 5 donne en même temps le détail d'exécution de chacune des branches secondaires et la manière de les assembler à la partie centrale. Après la chaude qui réunit ces diverses pièces, on soude autour des tiges et juste à leur point de jonction une petite bague qui termine harmonieusement cette première partie de la composition. On a soin de laisser une certaine longueur à la tige sur laquelle prend naissance le petit gland, comme l'indique la figure 6.
Nous avons, enfin, à la figure 7, une vue d'ensemble avec le dernier ornement qui vient terminer le motif central de la composition et la longue tige dont le développement circulaire doit former le cadre au milieu duquel s'étale le bouquet.
Le dernier détail d'exécution, qui présente un travail un peu compliqué, est le passage du rinceau dans la tige qui forme le cercle. Cette tige est percée et renflée; puis, à l'endroit où le rinceau doit traverser le fer, elle est séparée en deux branches, comme le montre la figure 8. Cette opération une fois terminée, on referme la tige dont on soude les deux branches aussi près que possible du trou, puis on la prolonge jusqu'à la partie inférieure du motif où elle est traversée une seconde fois. Un troisième trou doit être pratiqué, suivant le même procédé, à gauche de la composition, pour laisser passer le petit feuillage qui complète cette pièce de ferronnerie d'une façon aussi heureuse et lui donne une allure aussi dégagée.

GRILLE-APPUI DE COMMUNION DE L'ÉGLISE DE DORMANS (MARNE)

Nous retrouvons dans cette grille, due au talent de M. Selmersheim, l'architecte bien connu, toutes les qualités de dessin et d'ornementation que nous avions remarquées dans une de nos précédentes études. Dans la composition de cet appui de communion, le décorateur a ménagé au ferronnier un travail facile, tout en étant du plus bel effet. Les plans sont dessinés avec soin et méthode ; les moindres détails sont donnés avec une rigoureuse précision. M. Moutier, qui l'a exécuté en fer forgé, a parfaitement compris que tout le charme et l'élégance inhérents à cette ornementation très simple résidaient dans les combinaisons savamment calculées, de façon à produire l'effet ornemental par une exécution rigoureusement soumise, dans ses moindres détails, au plan de l'architecte. Une grille aussi sobre d'ornementation ne pouvait, en effet, avoir un aspect aussi attrayant que grâce à l'emploi de savantes combinaisons, où l'emploi des fers de différentes dimensions jouent un grand rôle et produisent des effets d'une sévérité que devait s'imposer le décorateur et qu'on ne pourrait obtenir avec un dessin plus chargé. Les architectes qui, comme M. Selmersheim, comprendront que l'exécution dépendra presque tout entière des plans qu'ils sauront faire avec cette netteté et cette précision dans les détails, seront toujours certains que les ferronniers interpréteront une oeuvre de façon irréprochable, et ceci pour plusieurs raisons : c'est que, d'abord, l'artisan chargé de l'interprétation ne sera jamais tenté
de faire subir des transformations au dessin, d'y ajouter ou retrancher un détail; toucher à l'ensemble, déranger une ligne serait détruire l'harmonie de pareille oeuvre. En second lieu, le ferronnier, qui a sous les yeux un modèle préparé avec un soin aussi méticuleux, est de suite empoigné par son sujet et se met au travail avec ferveur, sans arrière-pensée.

La grille dont nous étudions aujourd'hui la fabrication a été exécutée tout entière en fer forgé, par M. Moutier, et sert d'appui de communion dans l'église de Dormans. Cette grille se compose d'une frise et de panneaux à remplissage. Le dessin de l'élévation, bien qu'il soit malheureusement trop réduit sur notre planche, donne cependant une idée suffisamment nette de l'aspect d'ensemble sévère et noble que doit avoir tout ornement
d'église. Le motif de décoration, dont on voit le dessin très détaillé et de grandeur d'exécution au centre de notre planche, est formé par une circonférence qui ne se referme pas complètement; les deux branches laissées libres se recourbent en demi-cercles tangents au même point, au montant qui divise en deux parties symétriques le motif, et se continuent ensuite par un quart de cercle; puis le fer est coudé, en présentant un profil arrondi, et prend une direction horizontale pour se terminer par une volute. Toute cette partie du motif que nous venons de décrire est d'un seul morceau de fer. Sur le montant et dans sa partie supérieure, viennent se souder deux petites volutes; son extrémité est garnie d'un noyau percé, sur lequel est fixée, au moyen d'un clou, une rosace à deux faces, en tôle estampée de un millimètre.
Deux motifs juxtaposés sont reliés entre eux et au montant par un collier d'assemblage, dont nous donnons le dessin en perspective. Les deux traverses dans lesquelles viennent s'engager les montants sont percées de trous renflés. La frise est composée de petits montants, à l'extrémité desquels sont fixées des rosaces identiques à celles dont nous parlons plus haut. Sur la traverse, se développent de petites barres de fer qui. se terminent à chacune de leurs extrémités par des volutes, et relient entre eux deux montants successifs.
Les portes ferment par quatre pentures de façon, avec gonds, serrures et verrous faits à la demande. Le plan et l'élévation de cette partie de la grille sont reproduits sur notre dessin; on y voit aussi le profil des arcs-boutants, qui sont en fer de vingt millimètres d'épaisseur.
Comme il est facile de le remarquer, cette grille ne présente pas de grandes difficultés d'exécution; toute la science du ferronnier doit consister, dans un pareil travail, à traduire fidèlement le modèle, dont chaque détail a son importance et doit produire son effets'il est bien exécuté.

PORTE-MANTEAU EN FER FORGÉ

Un porte-manteau doit être conçu en évitant les angles saillants et les parties trop aiguës afin de permettre d'y accrocher les vêtements et de les enlever sans les déchirer. La tête est formée par une boule sur laquelle viennent prendre naissance quatre feuilles, symétriquement placées par rapport à la tige centrale oui les soutient; elles forment une courbe convexe de façon à donner un contour arrondi. La partie inférieure se compose d'une double crosse assez large, où les arêtes vives sont également évitées. Tout doit être exécuté à la forge, sans ajustage. La lime doit servir uniquement à donner le fini à cette pièce.





Fig.1. Plan d'ensemble. — Hauteur totale : 0m30. Largeur du collier à la double crosse : 0m14; exécuté en fer carré de 0m010.
Fig. 2. — Préparation des quatre feuilles qui viennent se souder autour de la boule et qui forment la tête. Ces feuilles sont étirées dans le fer carré de 0m01. Ces feuilles aplaties se terminent par une tige cylindrique qui s'enroule en volute; elles subissent ensuite un travail de modelé pour leur faire prendre la forme indiquée par
le dessin. On les réunit deux par deux au moyen d'une soudure (fig. 2) puis on les assemble à la boule aussi près que possible du collet et en faisant descendre la soudure jusqu'à celui-ci. Les feuilles sont rabattues pour leur donner la forme que représente le dessin (fig. 2).
La figure 3 nous donne deux pièces servant à faire les volutes de la double crosse; elles doivent être forgées et découpées suivant la forme indiquée. On les soude aux extrémités d'une pièce composée de deux fers carrés (fig. 4), réunis par leurs parties supérieures et dont les deux autres extrémités laissées indépendantes sont écartées et prennent, après la soudure des pièces accessoires dont, nous avons parlé, la forme
représentée par la figure 5.
Les deux branches du collier doivent être amincies en sifflet et rabattues l'une sur l'autre, de façon à former avec la troisième pièce un tout bien solide. L'assemblage est renforcé par une ligature en fil de fer, qui servira en même temps à éviter un déplacement quelconque des différentes parties après la chaude.
Fig. 7. — Assemblage de la tige centrale et de la double crosse par un collier. Tels sont les principaux détails de construction de cette applique, dont l'exécution ne présente, en somme, aucune difficulté sérieuse. Lorsqu'on a fait toutes les soudures et réuni toutes les pièces suivant la méthode indiquée, il suffit de donner à la tige centrale un profil suivant la courbe représentée par la figure 1, qui donne l'aspect général de l'applique telle qu'elle doit être construite.

FABRICATION D'UN POISSON EN FER FORGÉ

Une autre vidéo de Gordon Dickinson en train de fabriquer un poisson en fer forgé, ses poissons en fer forgé sont vraiment magnifiques et pleins de vie. On voit bien dans cette vidéo la technique du repoussé au marteau et toujours pareil sans un outillage bien compliqué. Un vrai artiste du fer forgé avec toute la folie qui va avec.

Création d'un oiseau en fer par Gordon Dickinson

Voici à l'œuvre un artiste du fer forgé que j'aime bien, son nom est Gordon Dickinson. Il fabrique dans cette vidéo un oiseau en fer forgé, espèce de rapace déployant ses ailes. J'aime sa façon de travailler sur le tas sans plan préalable mais, avec une technique de fer forgé bien maîtrisée. Pas besoin de beaucoup d'outillage, il faut plus un sens créatif et de la débrouille dans différentes techniques du fer forgé.

LAMPE EN FER FORGÉ



Cet ouvrage est composé d'une tige de roseau accompagnée de plusieurs rameaux et d'une large fleur à six lobes épanouis qui sert de réceptacle à la lampe. Un bouton de fleur prend naissance à l'intersection de la tige et de l'un des rameaux. Une libellule également toute forgée vient se poser sur l'une des branches. La hauteur totale est de 0m50, l'enroulement à la base de 0m18.
Pour réussir dans ce genre de travail à la forge, pour souder proprement toutes les pièces, il faut incontestablement posséder une grande adresse, si l'on veut partir de ce point que tout travail exécuté d'après nos exemples et nos matériaux le sera intégralement par la même main.
Dans le cas présent, le forgeron doit être doublé d'un repousseur habile. Au reste, un véritable ferronnier qui veut faire des travaux d'art doit connaître aussi parfaitement la forge et le repoussé, ces deux parties intégrantes du métier qui sont solidaires l'une de l'autre dans l'exécution d'un grand nombre de pièces.
Par le repoussé on obtient le relief et le modelé; la soudure constitue l'ajustage des pièces qui doivent composer l'ouvrage.


Examinons les figures 1 et 2 qui représentent une feuille forgée étirée à plat; l'amorce est retournée de façon à envelopper la tige centrale. Rien n'est plus facile quand on a exécuté déjà quelques soudures de ce genre, que
de les réussir. Dans la figure 3, nous voyons les feuilles destinées à composer la fleur du haut. Chacun des six lobes est préparé et modelé séparément, complètement achevé avant l'opération générale de la soudure qui a lieu de la façon suivante :
Afin de manipuler aisément la pièce dans le foyer, on se sert d'une tringle ronde appelée à disparaître lorsque la pièce sera terminée. Il est indispensable pour la briser après l'opération, de lui donner un coup de lime demi-ronde. Arrivons maintenant aux détails d'exécution :
Sur la tringle précitée on commence par souder deux feuilles ensemble en les serrant fortement avec des tenailles, comme l'indique la figure.8. Il sera nécessaire de faire une chaude spéciale pour chaque paire de lobes.
Les feuilles étant ainsi toutes soudées sur la tige centrale on les reliera ensemble avec un fil de fer de manière à souder le plus près possible du collet. Après cette chaude, qui doit garantir le résultat, on groupera les rameaux et on soudera chacun d'eux à la place qu'il doit occuper en traçant ses divisions suivant les coupes de la figure 6.
Le bouton est compris dans la figure 7. On procédera à son exécution de la même manière que pour la fleur du haut.
La figure 8 représente le plan de la fleur développée; la figure 10 les détails d'exécution de la libellule. Sur le corps, qui est de forme allongée, on ménagera une petite partie carrée qui doit supporter la soudure des pattes sous le ventre et celles des ailes sur le dos. Les parties des pattes seront préparées séparément et réunies ensuite par une soudure à leur milieu.
La faculté est laissée à l'ouvrier, pour réunir les pattes au ventre par une seule soudure, de pousser son travail aussi loin qu'il le désirera, en recherchant même la difficulté. Nous nous empressons d'ajouter que le modèle que nous venons d'analyser exige un travail de forge extrêmement délicat, qu'un artisan accompli sera seul
capable d'exécuter.

PANNEAU EN FER FORGE FORMANT DÉPART



Ce travail ayant été exécuté, nous chercherons à établir d'une façon précise les moyens qui ont présidé à son établissement; notre but n'étant que d'indiquer une épreuve qui a réussi à nous donner satisfaction et dont on peut quelquefois tirer profit : car les théories sur certains travaux et la façon de les interpréter varient souvent suivant l'ouvrier qui les exécute; le seul fait qui reste et qui prouve tout, c'est le résultat acquis, les moyens importent peu. Comme cette étude présente une grande difficulté d'exécution, nous avons cru bon de la donner comme sujet d'analyse.
Le plan d'ensemble est composé d'un grand rinceau principal, dont toutes les branches sont soudées et encadrées par deux grandes feuilles forgées et soudées, réunies par une bague également soudée; la tige se termine en volute et semble bien définir une corne d'abondance, d'où partent de nombreux petits rinceaux qui garnissent le panneau. Le cadre qui forme le châssis est également en fer rond de 0m025; la partie, qui fait main-courante, se termine par une tête forgée en plusieurs morceaux, dont l'extrémité inférieure forme une griffe forgée à trois onglons.


Fig. 1. — Détails des pièces forgées qui doivent donner la masse nécessaire pour enlever la tête et le cadre en fer rond de 25 2/2, surmontée d'un fer mouluré qui fait main-courante et soudé d'une seule pièce. Le fer rond est soudé sur une certaine longueur avec le fer mouluré, environ om25, pour bien supporter les chaudes successives qu'ils doivent subir; la masse, qui est soudée dessus et qui doit servir à fournir la feuille qui surmonte la tête, est forgée de manière à laisser un bloc de fer, elle est soudée avec la pièce formant main-courante, comme l'indique notre figure, avec l'autre formant la griffe qui est préparée de la même façon. Cette soudure faite, on a la masse suffisante pour obtenir la tête, qui est façonnée presque entièrement à la forge.
La griffe est forgée par le même procédé en appliquant séparément chacune des parties, comme l'indique la figure 2, et en les soudant toutes à la tige ronde venant de la tête. Dans le morceau d'ensemble, toutes les volutes qui le composent sont apprêtées, à chaque bout, en carré, sur toute la longueur que nécessite la chaude. La naissance de ces soudures est travaillée ensuite à froid pour continuer le profil du fer rond dans le panneau. Toutes les autres volutes viennent se souder sur cette tige centrale. Les deux petits rinceaux, qui s'enchevêtrent entre les grosses volutes, ont subi une préparation spéciale qui consiste à les noyer dans une gorge demi-ronde qui a pour but de ne pas corrompre leur naissance en les soudant. Ce n'est qu'après ce travail que les feuilles qui figurent sont étirées et forgées dans le fer de coupe, puis embouties; leur extrémité se termine à la volute. On se trouve dans l'obligation de rouler les branches du rinceau, après les différentes chaudes qui les ont réunies en une seule pièce; puis de les tourner à la griffe pour les enrouler suivant la place qu'elles occupent sur le dessin d'ensemble.

MARQUISE EN FER FORGÉ

Marquise établie dans la cour d'honneur de l'hôtel de M. le comte de Beau fort, rue Saint-Dominique, exécutée par M. BORLOT, serrurier (M. BESSON,successeur), sous la direction de M. L. MAGNE, architecte du Gouvernement.

fer forgé

Dans l'établissement de cette marquise, on a cherché à éviter les consoles destinées à supporter l'ossature et on les a remplacées par un système de construction tout spécial en fer T ordinaire de 0m08, fixé le long des joues des consoles en pierre du balcon; de plus, ces sortes de moises sont réunies entre elles par une panne en même fer et dont les points de rencontre sont suspendus à une potence en fer forgé et ouvragée
avec amarres en fer carré tordu formant fourchette.
Étant donné ce point rigide, les moises sont ensuite coudées suivant le rampant de la vitrerie et elles forment des bascules à l'extrémité desquelles est fixée la ceinture principale composée d'une âme en fer plat de 120/3 — 4 cous 30/30, et chapeau inférieur en fer plat de 80/4 vissé sur les cornières et cachant ainsi leur joint.
L'assemblage des bascules sur la ceinture est accusé extérieurement par des goussets découpés ainsi que d'une forte rosace formant pique; pour agrémenter la partie inférieure des assemblages intérieurs, on a fixé un petit cul-de-lampe à la rencontre de la panne et des moises.
Comme cette marquise est fixée sur des nus différents provenant de la saillie du balcon, pour avoir une même surface de vitrerie, on a été obligé de surélever la panne longitudinale qui reçoit les petits bois; à cet effet on a fixé une panne légère en fer T simple sur les supports en fer carré des attaches de suspension; de plus, elle est soulagée par d'autres supports en tôle découpée et repoussée.
Les petits bois formant vitrerie n'ont rien de particulier, ils sont placés en conformation de la ceinture et disposés en éventail aux parties circulaires des angles.
Par ce qui vient d'être expliqué, on remarque comme la difficulté de la fermette à croisillons a été habilement tournée, évitant ainsi des scellements considérables et que l'on a pu donner un cachet artistique aux points d'attache qui semblent très légers eu égard à la grande surface de la marquise.

LANTERNE EN FER FORGÉ

Fig. 1. Plan d'ensemble d'une lanterne à quatre faces avec application de verres bombés. 

fer forgé

 Dans cette étude, nous ayons surtout recherché la variation de la forme dans la décoration générale. Telle que nous la présentons, on pourra se rendre compte que nous en comprenons l'exécution avec tous les ornements en fer forgé et étiré, à l'exception de l'armature, qui doit être en tôle.
Fig. 2. — Plan.
Fig. 3. — Découpe à plat d'une face de côté indiquant une partie développée et une partie roulée. L'exécution du corps comprend quatre parties qui sont assemblées et jointes au moyen d'une légère plate-bande qui relie l'ajustage dans l'axe de chacun des angles, sur tout le développement, après avoir terminé le travail du repoussé au marteau de chacune d'elles, consistant à enrouler les cornes de bélier, puis à profiler les moulures qui entourent le médaillon.
Fig. 4. — Profils des moulures, de face et d'angle.
Fig. 5 et 6. — Découpe à plat des différentes pièces ornementales de la lanterne, étirées dans le fer, amorcées pour être soudées sur les volutes.. Les volutes du haut sont étirées dans du fer plat, soudées en deux parties pour venir s'enrouler sur la broche en fer rond, traversant la corne de bélier, où des volutes sont appliquées de chaque côté, les broches sont retenues par les petits culots qui viennent se visser à
l'extrémité de chacune d'elles. A cet effet, on façonne les extrémités de chaque branche en un noyau de volutes, sur le champ du fer qui forme embase au petit culot. Dans le haut, ces volutes sont reliées par un collier qui ressort de toute l'épaisseur du fer plat, fixées chacune au moyen d'un clou taraudé. Les quatre volutes du bas, qui forment un ensemble distinct, sont apprêtées séparément. Pour les feuilles terminales de chaque volute, il est de toute nécessité de ne souder, d'abord, que les feuilles intérieures, pour permettre de pouvoir adapter une tige creuse, destinée au passage des fils conducteurs, sur laquelle la feuille du haut sera ajustée. Les quatre branches sont soudées ensemble.
Les feuilles qui composent le culot sont soudées deux par deux et groupées sur la tige par une soudure faite à plat. La tige se termine par un bouton où toutes les feuilles viennent se masser autour. Les volutes placées sur les angles, et dont nous donnons le développement, sont roulées, à leur extrémité, en forme de cornes de bélier, et les feuilles viennent s'y souder dessus.
Les différents motifs qui entrent dans l'ornementation de la lanterne, les palmettes qui surmontent les cornes de bélier et les cartouches encadrant les ovales, sont étirés séparément, pour être soudés suivant les diverses soudures qu'indiquent les figures du dessin.